Chris & Martina: The Final Set : Navratilova et Evert, l'amitié au-delà de la rivalité

Elles ont défini le tennis féminin pendant quinze ans, puis ont affronté un adversaire bien plus dur que le filet : la maladie. Chris & Martina: The Final Set retrace la rivalité et l'amitié de Chris Evert et Martina Navratilova, l'une des plus grandes icônes lesbiennes du sport. Le documentaire arrive sur Netflix fin juin. Voici pourquoi ce portrait croisé dépasse le simple récit sportif.
🎬 Réalisation : Rebecca Gitlitz
🎾 Sujets : Martina Navratilova et Chris Evert
🌍 Format : documentaire sportif Netflix
🏆 Repères : 80 matchs entre les deux joueuses, 18 titres du Grand Chelem chacune
📺 Arrivée Netflix : fin juin (le 26 juin selon Martina Navratilova, le 29 juin sur certaines grilles)
❓ Chris & Martina: The Final Set, de quoi parle le documentaire ?
Le film de Rebecca Gitlitz revient sur la rivalité légendaire entre Martina Navratilova et Chris Evert, puis sur l'amitié profonde qui les lie. Il aborde aussi un épisode plus intime : toutes deux ont été confrontées au cancer à quelques années d'intervalle. Archives, entretiens et accès privilégié composent ce portrait croisé.
Sommaire
- Deux championnes, une rivalité hors norme
- Martina Navratilova, une icône lesbienne du sport
- Quand le cancer rebat les cartes
- Rebecca Gitlitz derrière la caméra
- Repères chiffrés de la rivalité
- Pourquoi ce documentaire compte pour la culture lesbienne
- Le sport, un front décisif de la visibilité lesbienne
- Une amitié devenue modèle
- La bande annonce
- Où voir Chris & Martina: The Final Set
- Une visibilité qui dialogue avec la culture lesbienne francophone
- Questions fréquentes sur Chris & Martina: The Final Set
- Sources
Deux championnes, une rivalité hors norme
Entre 1973 et 1988, Martina Navratilova et Chris Evert se sont affrontées 80 fois, dont une soixantaine de finales. C'est la rivalité la plus prolifique de l'ère Open. Au terme de ces quinze années, Martina Navratilova menait l'ensemble des confrontations 43 victoires à 37, et 36 à 24 en finale. Les deux joueuses ont par ailleurs disputé 14 finales de Grand Chelem l'une contre l'autre, un record absolu encore inégalé.
Leur palmarès dit l'équilibre du duel : chacune a remporté 18 titres du Grand Chelem en simple. Deux styles opposés, aussi. La régularité de fond de court de Chris Evert face au jeu offensif et athlétique de Martina Navratilova, qui a redéfini la condition physique dans le tennis féminin. Cette opposition de styles a nourri un récit que le documentaire de Rebecca Gitlitz reprend à travers des images d'archives et des entretiens.
Cette histoire prolonge une tradition que nous suivons de près, celle des sportives lesbiennes visibles dans le sport de haut niveau, des courts de tennis aux terrains olympiques.
Martina Navratilova, une icône lesbienne du sport
Si ce documentaire compte pour notre communauté, c'est d'abord grâce à Martina Navratilova. Championne d'origine tchécoslovaque naturalisée américaine, elle s'est affichée comme lesbienne très tôt dans sa carrière, à une époque où presque aucune sportive de premier plan ne le faisait. Ce courage a eu un coût, notamment en matière de contrats publicitaires, mais il a ouvert la voie à des générations d'athlètes.
Son statut d'icône ne se résume pas à ses titres. Martina Navratilova a porté la visibilité lesbienne sur un terrain, le sport professionnel, longtemps hostile à toute différence. À ce titre, elle figure parmi ces femmes qui ont fait avancer la cause par leur seule présence, aux côtés des couples et figures lesbiennes qui brisent les stéréotypes que nous mettons régulièrement en avant.
Sa trajectoire n'est pas exempte de controverses. Ses prises de position publiques sur la participation des femmes transgenres aux compétitions féminines lui ont valu de vives critiques au sein même de la communauté LGBTQ+. Le documentaire se concentre toutefois sur le tennis et la maladie, sans en faire le coeur de son propos.
💡 Le saviez-vous ? En France aussi, le tennis a porté un coming out marquant. Notre sélection des personnalités lesbiennes françaises revient sur ces figures qui ont assumé publiquement leur orientation dans le sport et au-delà.
Quand le cancer rebat les cartes
Le titre du documentaire, The Final Set, ne renvoie pas qu'au tennis. Le film s'attarde sur une épreuve commune aux deux femmes : toutes deux ont été confrontées au cancer, à quelques années d'écart. Cette coïncidence a transformé une rivalité historique en soutien mutuel. Selon la présentation du documentaire, le film suit les deux championnes pendant leurs traitements et leur convalescence, à travers des entretiens intimes et un accès privilégié.
C'est là que le récit dépasse le cadre sportif. Ce qui était une opposition devient une sororité, deux femmes qui se comprennent parce qu'elles ont traversé les mêmes batailles, sur le court puis dans la vie. Le documentaire interroge la mortalité, l'identité et la résilience, sans verser dans le pathos. Un sujet sensible, traité avec la distance que permet le recul de plusieurs décennies d'amitié.
Rebecca Gitlitz derrière la caméra
La réalisation est signée Rebecca Gitlitz, documentariste récompensée à deux reprises aux Emmy Awards. Son approche mêle archives sportives et témoignages contemporains, pour relier les exploits d'hier au regard que les deux femmes portent aujourd'hui sur leur parcours. Le film s'inscrit dans la stratégie de Netflix autour du sport, qui multiplie les portraits de grandes figures.
Le documentaire a également été programmé au festival Tribeca, gage d'une ambition qui dépasse le simple contenu de plateforme. Ce passage en festival situe le film dans le registre du documentaire d'auteur plutôt que du produit promotionnel.
Ce portrait s'inscrit dans une offensive plus large de Netflix autour du tennis, qui comprend aussi un projet consacré à Rafael Nadal et l'exhibition Six Kings Slam. Au milieu de ces récits dominés par des champions masculins, The Final Set remet deux femmes au centre, et rappelle que le tennis féminin a porté certaines des plus grandes rivalités de l'histoire du sport. Le choix de confier ce récit à une réalisatrice, Rebecca Gitlitz, n'est pas anodin non plus : il garantit un regard attentif à l'intime autant qu'à l'exploit, loin de la simple compilation de trophées.
La visibilité des icônes lesbiennes ne se joue pas qu'au cinéma ou en série. Elle passe aussi par le sport, la musique et les symboles, comme le rappelle notre dossier sur l'histoire et la signification du drapeau lesbien.
Repères chiffrés de la rivalité
Avant de lancer le documentaire, quelques chiffres aident à mesurer l'ampleur du duel entre les deux joueuses.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Confrontations directes | 80 matchs entre 1973 et 1988 |
| Bilan global | 43 victoires à 37 pour Martina Navratilova |
| Titres du Grand Chelem en simple | 18 pour chacune |
| Finales de Grand Chelem entre elles | 14, un record de l'ère Open |
Pourquoi ce documentaire compte pour la culture lesbienne
Les récits lesbiens grand public se concentrent souvent sur la fiction. Un documentaire centré sur une championne ouvertement lesbienne, diffusé sur la plus grande plateforme mondiale au moment du mois des fiertés, élargit ce champ. Il rappelle que la visibilité s'est aussi construite dans le sport, par des femmes qui ont refusé de se cacher quand le silence aurait été plus confortable.
Le film arrive dans un paysage où l'offre de fictions saphiques s'est faite plus rare, ce qui donne d'autant plus de poids à ce portrait réel. Pour celles qui veulent prolonger avec d'autres écrans, notre panorama des films et séries sapphiques les plus attendus recense les rendez-vous à venir, et notre veille d'actualités lesbiennes suit ces sorties au fil des semaines.
Les questions d'identité et de visibilité, au coeur de ce parcours, résonnent avec les interrogations de nombreuses lectrices. Notre guide pour reconnaître si l'on aime les femmes aborde ces étapes avec franchise.
Le sport, un front décisif de la visibilité lesbienne
On oublie parfois à quel point le sport a été un terrain difficile pour les lesbiennes. Pendant des décennies, l'orientation d'une athlète pouvait briser une carrière, faire fuir les sponsors ou nourrir le soupçon. En s'affichant sans détour, Martina Navratilova a payé pour les autres une part de ce prix, et rendu plus pensable, pour celles qui ont suivi, l'idée de gagner sans se cacher.
Ce travail de visibilité s'est poursuivi, des terrains de football aux pistes d'athlétisme. Aux Jeux de Paris, des dizaines d'athlètes ouvertement homosexuelles ont concouru, signe d'un basculement lent mais réel. Le documentaire de Rebecca Gitlitz s'inscrit dans cette mémoire : il ne raconte pas seulement deux carrières, il documente une époque où être lesbienne et championne relevait encore du défi. Cette histoire dialogue avec celle d'autres icônes du grand écran, de la tension saphique de Killing Eve à la délicatesse d'un classique comme Carol.
Une amitié devenue modèle
Le coeur du film n'est pas la compétition, mais ce qu'il en reste. Deux femmes que tout opposait sur le court ont fini par devenir des piliers l'une pour l'autre. Cette bascule, de l'adversité à l'attachement, donne au documentaire sa valeur universelle : elle parle à quiconque a vu une rivalité se muer en lien durable.
Pour la culture lesbienne, ce récit a une portée supplémentaire. Il montre une figure publique vieillir, traverser la maladie et rester debout, sans jamais renier qui elle est. À l'heure où la visibilité se mesure souvent en personnages de fiction, voir deux femmes réelles incarner cette continuité a quelque chose de précieux. C'est aussi cela, transmettre : offrir des trajectoires entières, pas seulement des coming out spectaculaires.
La bande annonce
Où voir Chris & Martina: The Final Set
Le documentaire est attendu sur Netflix fin juin. Martina Navratilova a évoqué une mise en ligne le 26 juin, tandis que certaines grilles de programmation indiquent le 29 juin. Mieux vaut donc vérifier la date exacte sur la fiche officielle de la plateforme.
Voir la fiche Netflix du documentaire
Une visibilité qui dialogue avec la culture lesbienne francophone
Le rayonnement d'une figure comme Martina Navratilova ne s'arrête pas aux frontières américaines. En France et au Québec, son nom reste un repère pour celles qui cherchent des modèles de réussite assumée. Cette mémoire se transmet aussi par les livres et les rencontres, comme celles qui animent chaque année le Salon du livre lesbien de Paris.
En filigrane, le documentaire pose une question simple : que reste-t-il d'une rivalité quand les deux adversaires deviennent indispensables l'une à l'autre ? La réponse, ici, tient en un mot, l'amitié, et en une leçon de vie partagée par deux femmes qui ont marqué leur sport autant que leur époque.
Questions fréquentes sur Chris & Martina: The Final Set
Qui sont Chris Evert et Martina Navratilova ?
Ce sont deux légendes du tennis féminin, qui ont dominé le circuit dans les années 1970 et 1980. Chacune a remporté 18 titres du Grand Chelem en simple. Martina Navratilova est aussi une icône lesbienne, l'une des premières grandes championnes à s'être affichée ouvertement.
Qui a réalisé le documentaire ?
Le film est réalisé par Rebecca Gitlitz, documentariste deux fois récompensée aux Emmy Awards. Il mêle images d'archives, entretiens intimes et accès aux deux championnes, et a été présenté au festival Tribeca.
De quoi parle vraiment The Final Set ?
Le documentaire retrace la rivalité sportive entre les deux joueuses, puis l'amitié qui les unit. Il aborde aussi leur combat commun contre le cancer, qui a transformé leur relation et donne au film sa dimension la plus intime.
Martina Navratilova est-elle ouvertement lesbienne ?
Oui. Martina Navratilova s'est affichée comme lesbienne très tôt dans sa carrière, à une époque où peu de sportives de haut niveau le faisaient. Elle reste l'une des figures lesbiennes les plus connues du sport mondial.
Quand sort Chris & Martina: The Final Set sur Netflix ?
Le documentaire est attendu fin juin sur Netflix. Martina Navratilova a annoncé le 26 juin, tandis que certaines grilles de programmation mentionnent le 29 juin. La date exacte est à confirmer sur la fiche officielle de la plateforme.
⭐ Note de la rédaction
★★★★☆
Un portrait croisé qui dépasse le récit sportif pour toucher à l'amitié et à la maladie. La place de Martina Navratilova comme pionnière lesbienne donne au film une résonance particulière pour notre communauté.
📌 À retenir
Chris & Martina: The Final Set est un documentaire de Rebecca Gitlitz consacré à Martina Navratilova et Chris Evert. Il retrace leur rivalité, la plus prolifique de l'ère Open avec 80 matchs, puis l'amitié née de leur combat commun contre le cancer. Martina Navratilova, icône lesbienne du sport, en est la figure centrale. Le documentaire arrive sur Netflix fin juin.
Sources
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