Skip to main content
| Anaïs Dujardin | Arts et Culture

La Belle Saison - Comédie dramatique de Catherine Corsini

(Temps de lecture: 3 - 5 minutes)

La Belle Saison - Comédie dramatique lesbienne de Catherine Corsini

Date : 2015

Actrices principales : Izïa Higelin, Delphine ; Cécile de France, Carole

Un petit avertissement liminaire : ma chronique n’est aucunement une critique cinématographique classique. Si celle-ci est honnête, elle doit rester la plus objective possible, en analysant les forces et les faiblesses de la production.

Non, je souhaite tout simplement faire part des raisons qui font que pour moi ce film est un de mes préférés dans la catégorie. N’ayons pas peur des mots, je suis tout simplement tombée amoureuse de cette production.

L’année de sa sortie, le thème était très loin de mes préoccupations du moment et ce n’est que trois ou quatre ans plus tard que j’ai découvert ce film. En location en VOD pour commencer, puis avec l’achat du DVD.

Un DVD peut-il s’user à force de le regarder ?

Le synopis

En 1971, Delphine, fille de paysans, monte à Paris pour s'émanciper et gagner son indépendance financière. Carole est parisienne. En couple avec Manuel, elle vit activement les débuts du féminisme. Lorsque Delphine et Carole se rencontrent, leur histoire d'amour fait basculer leurs vies.

Mon avis

Bon, ne jouons pas les hypocrites, Izïa Higelin et Cécile de France sont sublimes.

Mais, cela n’est pas l’essentiel.

D’abord l’époque où se passe le récit, le début des années 70. Bien sûr, je ne naîtrai qu’un quart de siècle plus tard. Mais, mes parents m’ont tellement raconté cette période post 68 alors qu’ils n’étaient que de jeunes adolescents, que je me la suis appropriée. Quel plaisir, même si ce ne sont que des images de fiction, de découvrir les tous débuts du MLF. Catherine Corsini sait de quoi elle parle puisqu’elle est née en 1956, et donc, j’ai cependant été très étonnée d’apprendre que ce mouvement d’émancipation était parfois en retrait concernant l’homosexualité.

Il est une scène du film où, lors d’une réunion, une militante demande une opération « coup de poing » afin de libérer un ami homosexuel séquestré et drogué dans un établissement psychiatrique. Une autre militante, peu enthousiaste, répond : « nous ne devons pas nous engager pour des causes ultra minoritaires ». Même Manuel, le compagnon de Carole, pourtant libertaire et gauchiste, laisse transparaître son petit ego de mâle phallocrate en la repoussant violemment lorsqu’elle lui annonce sa relation amoureuse avec Delphine.

Et puis, il y a tout simplement l’histoire. Celle-ci est fraîche, naturelle et ne s’encombre pas de circonvolutions. Delphine, fille de paysans traditionnels travaillant dans l’exploitation familiale, qui est « montée » à Paris pour oublier un chagrin d’amour avec une amie d’enfance, rencontre Carole, professeure d’espagnol et militante féministe. Après un premier rejet, compréhensible, de la part de celle-ci lors d’une tentative de Delphine de l’embrasser, les deux jeunes femmes finissent par tomber éperdument amoureuses. Sans questions. Presque un amour de collégiennes. Petit moment d’humour même, où préférant faire l’amour, elles laissent tomber une distribution de tracts. Et ici aussi, les scènes « intimes » sont traitées de manière simple. Elles sont réalistes, presque explicites. Pour une fois les femmes, quel que soit le cadre, ne font pas l’amour en soutien-gorge et en petite culotte !

Peu après, Delphine est avertie par sa mère que son père vient de faire un AVC. Elle se précipite dans le Limousin et pour ne pas rester seule pendant que sa mère est à l’hôpital afin de s’occuper de son mari, elle invite Carole pour une dizaine de jours.

C’est une véritable lune de miel faite de farniente et d’amour.

La Belle Saison c’est justement ce moment magique de la rencontre au début ensoleillé de l’été.

Ses parents revenus, elle sollicite à nouveau Carole pour l’aider à faire la fenaison.

Hélas, de gros nuages orageux se profilent très vite à l’horizon. Delphine, qui a pourtant toujours été lesbienne, éprouve un énorme problème vis-à-vis de sa visibilité en tant que telle. C’est le résultat de son éducation rurale. Carole, elle, citadine, et militante, s’en moque éperdument, malgré la découverte tardive de ses inclinations. Elles continuent de vivre secrètement leurs amours, même si Carole en fait le reproche à Delphine.

Et puis, comme si cela ne suffisait pas, tout s’enchaîne. Antoine, un jeune agriculteur amoureux de Delphine depuis toujours, découvre Carole et cette dernière en train de s’embrasser. Un peu plus tard elles sont vues par un voisin alors qu’elles marchent en se tenant par la main. Alors que Delphine a fait une tentative désespérée pour couper court aux rumeurs de son homosexualité, Monique, sa mère, trouve le couple au lit. Cela vient la confirmer dans ses doutes, car elle avait surpris sa fille en train d’embrasser tendrement les mains de Carole après l’avoir soignée de ses ampoules provoquées par le travail manuel à laquelle cette dernière n’était pas habituée. La réaction de Monique est bien évidemment très violente en accusant Carole d’avoir « dépravé » sa fille. Elle lui laisse deux heures pour faire ses bagages et quitter la ferme. La jeune femme court retrouver Delphine pour le lui dire. Celle-ci décide immédiatement de repartir à Paris avec elle.

Mais…

Je l’ai dit en commençant, c’est de l’amour que j’éprouve pour ce film. Or, l’amour fait parfois souffrir. Même si je connais l’histoire par cœur, la suite me chavire à chaque fois.

Heureusement, il y a la conclusion.

La dernière image est sublime. Delphine, en plein soleil, irradie d’un sourire merveilleux.

La bande annonce

Film disponible en VOD sur ARTE

Avis 😏
1 year ago
  JR_THE_REVIEW_WAIT_APPROVE
Your review
Je partage entièrement votre avis, un film sublime.
Show more