First Kill : la serie lesbienne vampire de Netflix decryptee

Une vampire qui refuse de tuer, une chasseuse de monstres qui tombe amoureuse de sa proie, et un premier baiser qui vaut tous les premiers sangs. First Kill promettait une romance saphique adolescente assumée, portée par deux héroïnes. Le public a répondu présent, la critique a été plus tiède, et Netflix a tranché vite. Retour sur une série culte malgré elle, devenue un cas d'école de la façon dont les fictions lesbiennes sont traitées par les plateformes.
📺 Plateforme : Netflix
🎬 Réalisation : Jet Wilkinson, d'après une nouvelle de V. E. Schwab
👥 Avec : Sarah Catherine Hook, Imani Lewis, Elizabeth Mitchell
🔢 Format : 8 épisodes d'environ 49 minutes, une saison
🔥 Genre : romance lesbienne, fantastique, teen drama
❓ C'est quoi la série First Kill ?
First Kill est une série télévisée américaine mise en ligne le 10 juin 2022 sur Netflix, adaptée d'une nouvelle de V. E. Schwab. Elle suit Juliette, une adolescente issue d'une famille de vampires, et Calliope, une chasseuse de monstres, qui tombent amoureuses sans savoir qui est vraiment l'autre. La série a été annulée après une seule saison.
Sommaire
- L'intrigue : aimer celle que l'on devrait tuer
- De la nouvelle de V. E. Schwab à la série
- Une romance saphique placée au centre, pas en marge
- Deux familles, deux mondes : l'univers de la série
- Un teen drama fantastique dans une longue tradition
- Pourquoi Netflix a annulé First Kill
- Juliette et Calliope, un couple au-delà du fantastique
- Une annulation devenue symbole
- First Kill dans la lignée des séries lesbiennes
- Où voir First Kill ?
- La bande-annonce
- Questions fréquentes
- Sources
L'intrigue : aimer celle que l'on devrait tuer
Juliette Fairmont, incarnée par Sarah Catherine Hook, vient d'une lignée de vampires. Mais elle refuse de tuer des humains pour se nourrir. Pour devenir une vampire à part entière, elle doit pourtant accomplir son premier meurtre, son first kill. Elle jette son dévolu sur une camarade de lycée qui l'attire, Calliope « Cal » Burns, jouée par Imani Lewis, sans savoir que cette dernière appartient à une guilde de chasseurs de monstres.
Le dispositif est limpide : chacune ignore d'abord la vraie nature de l'autre, et chacune est censée éliminer son homologue. Quand la vérité éclate, Juliette et Calliope doivent choisir entre leur coeur et leur famille. Cette structure de Roméo et Juliette inversée, où deux jeunes femmes que tout oppose s'aiment malgré les clans, donne à la série son moteur émotionnel.
Autour d'elles gravitent deux familles qui se font la guerre. Du côté des Fairmont, Elizabeth Mitchell incarne Margot, la mère de Juliette, matriarche d'une dynastie de vampires legataires. Du côté des Burns, Calliope grandit dans une famille de chasseurs aguerris. Les huit épisodes portent d'ailleurs des titres en forme d'étapes amoureuses : premier baiser, premier sang, premier combat, premier rendez-vous, premier amour, première rupture, premier adieu, première trahison.
Amatrice de séries où la tension lesbienne se mêle au danger ? Lisez notre analyse de Killing Eve, la série lesbienne culte où chasseuse et proie se confondent.
De la nouvelle de V. E. Schwab à la série
À l'origine de First Kill, il y a un texte court. La romancière V. E. Schwab, connue pour ses récits de fantasy et de fantastique, avait publié en 2020 une nouvelle du même titre. L'autrice a participé à l'adaptation pour la télévision, ce qui explique en partie la fidélité du ton : une romance gothique adolescente, où le surnaturel sert d'abord à raconter des sentiments.
Le passage de la page à l'écran a élargi l'univers. Là où une nouvelle se concentre sur l'essentiel, la série a déployé deux familles entières, des rivalités, une mythologie de monstres et de guildes. Cette ampleur a permis huit épisodes, mais elle a aussi dilué par moments l'intensité du face-à-face initial entre les deux héroïnes, un reproche revenu chez une partie des spectatrices. Reste le coeur du projet, intact : faire d'une histoire d'amour entre deux filles le centre d'un récit de genre destiné au grand public.
Une romance saphique placée au centre, pas en marge
Ce qui a séduit une partie du public, c'est que First Kill ne fait pas de sa romance lesbienne un sous-texte ni une intrigue secondaire. L'amour entre Juliette et Calliope est le coeur du récit, son enjeu principal. La série assume aussi un couple mixte, Calliope étant noire, ce qui reste rare dans les fictions fantastiques pour adolescentes centrées sur des héroïnes queer.
Le ton emprunte au teen drama fantastique des années 2010, dans la lignée des séries de vampires lycéennes, mais en plaçant deux filles au sommet du triangle. Cette générosité de représentation a nourri un attachement réel chez les spectatrices, qui se sont reconnues dans une histoire où être lesbienne n'est pas le problème, mais le point de départ.
💡 Le saviez-vous ? La série est adaptée d'une nouvelle de la romancière V. E. Schwab, parue en 2020. Le projet a été développé pour Netflix avec l'actrice Emma Roberts parmi les productrices, comme l'avait révélé Variety.
Deux familles, deux mondes : l'univers de la série
La force de First Kill tient à son monde dédoublé. D'un côté, les Fairmont, dynastie de vampires héréditaires que l'on appelle des « legacies », attachés à leurs traditions et à leur secret. Margot, la mère, veille jalousement sur la lignée et sur l'initiation de ses enfants. De l'autre, les Burns, famille de chasseurs de monstres soudée autour d'une mission transmise de génération en génération. Calliope grandit dans cet héritage de traque, entourée de ses frères.
Entre ces deux clans, Juliette et Calliope incarnent une génération qui voudrait sortir du scénario écrit pour elle. L'une refuse de tuer, l'autre commence à douter de la chasse. Leur attirance fait vaciller deux ordres anciens. Cette mécanique, proche des récits de familles ennemies, donne à la romance un enjeu collectif : aimer, ici, c'est trahir les siens. La série installe aussi des personnages secondaires queer, comme Ben, le meilleur ami de Juliette, ce qui élargit le spectre des identités représentées.
Un teen drama fantastique dans une longue tradition
Le genre du vampire lycéen n'est pas neuf. Depuis les sagas de bit-lit des années 2000 et leurs adaptations télévisées, la figure de l'adolescente confrontée au surnaturel sert de métaphore au passage à l'âge adulte, au désir et à la marginalité. First Kill reprend ces codes, le lycée, la double vie, le danger romantique, mais déplace le centre de gravité : ici, les deux protagonistes amoureuses sont deux jeunes femmes, et leur histoire n'est pas un détour mais l'axe du récit.
Ce déplacement compte. Pendant des années, les fictions pour adolescents ont relégué les personnages lesbiens au rang de figures secondaires ou de subtexte jamais assumé. En faisant de l'amour entre deux filles le moteur d'une série de genre grand public, First Kill s'inscrit dans un mouvement plus large de visibilité, aux côtés d'autres titres qui ont, eux aussi, placé des héroïnes saphiques au premier plan.
Pourquoi Netflix a annulé First Kill
Le 2 août 2022, soit moins de deux mois après la mise en ligne, Netflix a annoncé l'annulation de First Kill. La plateforme a invoqué un bilan d'audience jugé insuffisant au regard de son coût et de la rétention des abonnés sur la durée. La décision a provoqué une vague de colère chez les fans, qui ont dénoncé un schéma devenu familier.
Car l'annulation rapide de séries centrées sur des personnages lesbiens alimente un débat plus large. À chaque histoire saphique coupée court, la communauté redoute la répétition d'un trope tenace : celui qui veut que les héroïnes queer ne survivent jamais bien longtemps à l'écran. Nous avons consacré un dossier entier à ce mécanisme dans notre enquête sur le trope Bury Your Gays et la mort répétée des personnages lesbiens.
Certaines voix ont nuancé, pointant la promotion limitée et une écriture parfois inégale. D'autres ont rappelé que des séries comparables, avec des couples hétérosexuels, bénéficient souvent d'une saison supplémentaire pour trouver leur public. Le cas First Kill cristallise cette tension entre logique d'algorithme et responsabilité de représentation.
Le sujet des annulations vous parle ? Voyez aussi comment Netflix a renié le caractère lesbien d'une autre de ses séries.
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Comme Juliette, l'héroïne de cette bit-lit lesbienne découvre le monde des vampires en même temps qu'un premier trouble amoureux. Crocs, secrets de lignée et désir interdit : le cocktail idéal pour prolonger First Kill.
Juliette et Calliope, un couple au-delà du fantastique
Si l'on retire les crocs et les armes, il reste une histoire d'adolescence universelle : deux jeunes femmes qui se découvrent, hésitent, se rapprochent et se heurtent à ce que leurs familles attendent d'elles. Juliette porte la culpabilité de ne pas être « assez » vampire ; Calliope, le poids d'une lignée de chasseurs qui ne laisse guère de place au doute. Leur attirance les oblige à se demander ce qu'elles veulent vraiment, par-delà les rôles hérités.
Cette dimension explique l'attachement du public. Beaucoup de spectatrices ont reconnu, sous le vernis fantastique, la difficulté de s'affirmer face à un entourage qui a déjà tout décidé. Le surnaturel sert de loupe : la peur d'être découverte, la honte instillée, le courage d'aimer malgré le danger résonnent avec des expériences bien réelles. C'est précisément ce que réussissent les meilleures fictions de genre, parler du présent à travers le monstre.
Une annulation devenue symbole
La colère provoquée par l'arrêt de la série a largement débordé le cas particulier de First Kill. Sur les réseaux sociaux, les spectatrices ont rappelé la liste, déjà longue, des fictions saphiques interrompues au bout d'une saison, et interrogé les critères d'évaluation des plateformes. Quand une série est peu mise en avant, sort sans véritable campagne, puis se voit reprocher des audiences faibles, le raisonnement paraît circulaire à beaucoup.
Au-delà de la déception, le débat a nourri une réflexion utile sur la place des récits lesbiens dans l'économie du streaming. Les plateformes commandent ces histoires, séduisent un public en quête de représentation, puis les abandonnent vite si les chiffres ne suivent pas immédiatement. First Kill est ainsi devenu un exemple commode pour parler d'un problème de fond, plutôt qu'un simple programme oublié.
First Kill dans la lignée des séries lesbiennes
L'histoire de la représentation lesbienne à la télévision est faite de jalons et de reculs. Des séries pionnières aux fictions récentes, le chemin a été long pour passer du sous-texte à des couples assumés. First Kill appartient à cette génération de programmes qui mettent l'amour entre femmes au premier plan, même quand l'industrie peine encore à les soutenir dans la durée.
Pour mesurer ce chemin, il suffit de comparer. Les héroïnes de First Kill doivent beaucoup aux couples qui les ont précédées, des subtextes refoulés des séries cultes jusqu'aux romances frontales d'aujourd'hui. On pense au sous-texte jamais assumé de Xena et Gabrielle dans la série culte des années 1990, ou à la bisexualité revendiquée de l'héroïne de Legends of Tomorrow et son couple Sara Lance et Ava Sharpe. First Kill hérite aussi de couples saphiques plus récents, comme celui de Stef et Lexi dans SkyMed.
| Fiche | Détail vérifié |
|---|---|
| Sortie | 10 juin 2022, Netflix |
| Héroïnes | Juliette Fairmont (Sarah Catherine Hook), Calliope Burns (Imani Lewis) |
| Source | Nouvelle de V. E. Schwab (2020) |
| Épisodes | 8 épisodes, une seule saison |
| Statut | Annulée le 2 août 2022 |
Pour rester à jour côté petit écran, gardez un oeil sur notre sélection des films et séries sapphiques les plus attendus, et sur le retour annoncé de la franchise The L Word à New York.
Où voir First Kill ?
La série reste disponible sur Netflix, qui en détient les droits de diffusion. Sa seule saison de huit épisodes se regarde d'une traite. Envie d'un avis tranché et plein d'humour, épisode par épisode ? Lisez aussi notre critique à chaud de First Kill, « first flop ? ». Si vous cherchez d'autres couples saphiques à suivre sur la plateforme, notre critique de Gypsy, la série lesbienne torride avec Naomi Watts, et celle de The Hunting Wives et son couple Sophie et Margo, prolongeront la séance.
La bande-annonce
⭐ Note de la rédaction
★★★☆☆
Un teen drama fantastique inégal mais attachant, qui a le mérite de placer une romance lesbienne mixte au centre du récit. Son annulation prématurée pèse plus lourd que ses défauts d'écriture.
Questions fréquentes
De quoi parle la série First Kill ?
Elle suit Juliette, une adolescente vampire qui refuse de tuer, et Calliope, une chasseuse de monstres. Les deux jeunes femmes tombent amoureuses sans connaître la vraie nature l'une de l'autre, puis doivent choisir entre leur amour et la loyauté envers leurs familles ennemies.
Qui joue dans First Kill ?
Sarah Catherine Hook incarne Juliette Fairmont et Imani Lewis joue Calliope Burns, le couple central. Elizabeth Mitchell interprète Margot Fairmont, la mère vampire de Juliette. La série est réalisée par Jet Wilkinson.
Sur quoi la série est-elle basée ?
Sur une nouvelle de la romancière V. E. Schwab, publiée en 2020. L'autrice a participé au développement de l'adaptation pour Netflix, qui a confié une partie de la production à une équipe incluant Emma Roberts.
Combien d'épisodes compte First Kill ?
La série compte une seule saison de huit épisodes, d'environ 49 minutes chacun. Les titres suivent la progression de la relation, du premier baiser à la première trahison.
Pourquoi les fans étaient-ils en colère après l'annulation ?
Parce que l'annulation rapide d'une série centrée sur un couple lesbien a ravivé le débat sur le trope Bury Your Gays, qui veut que les personnages queer disparaissent vite des écrans. Beaucoup ont estimé que la série n'avait pas eu le temps ni la promotion nécessaires pour trouver son public.
Y aura-t-il une saison 2 de First Kill ?
Non. Netflix a annulé First Kill le 2 août 2022, après une seule saison, invoquant des audiences insuffisantes au regard de son coût. Aucune reprise par une autre plateforme n'a été officialisée depuis. La série reste donc complète en huit épisodes.
📌 À retenir
First Kill a misé sur une romance lesbienne mixte placée au coeur d'un récit de vampires, portée par Sarah Catherine Hook et Imani Lewis. Saluée par un public fidèle mais critiquée pour son écriture, la série a été annulée par Netflix après une seule saison de huit épisodes. Son sort a relancé le débat sur la place réservée aux fictions saphiques par les plateformes et sur le trope Bury Your Gays.
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Aimer celle que tout désigne comme une adversaire : ce enemies-to-lovers pousse à son comble la tension entre attraction et rivalité qui électrise Juliette et Calliope.
Sources
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