J’ai revu "Gypsy", la série lesbienne insensée de Naomi Watts et voici ce que j’en pense

Je sais ce que vous vous dites : qui, en possession de toutes ses facultés mentales, aurait envie de revoir Gypsy, ce pseudo thriller psychologique que Netflix a annulé au bout d'une seule saison ? Réponse : une lesbienne désespérée, affamée de contenu lesbien.
📅 Diffusion : 30 juin 2017 (saison unique, 10 épisodes)
📺 Où voir : Netflix
🎬 Création : Lisa Rubin (showrunneuse), réalisation par Sam Taylor-Johnson notamment
👥 Casting : Naomi Watts, Sophie Cookson, Billy Crudup, Karl Glusman
❓ Pourquoi Gypsy a-t-elle été annulée par Netflix ?
Annulée le 11 août 2017 après une seule saison, Gypsy a souffert d'un accueil critique très défavorable, illustré par une note de 40 % sur Rotten Tomatoes. Selon Variety, Netflix a invoqué des audiences jugées insuffisantes face au coût de production et au manque de relais critique. Le casting, notamment Naomi Watts, n'a pas suffi à inverser la tendance.
Sommaire
- Une revisite improbable d'une série mal-aimée
- Une fantasmagorie lesbienne plus qu'un thriller
- Le fantasme de la femme plus mûre dans le cinéma lesbien
- Ce qui rend Gypsy addictive malgré ses défauts
- Un cas d'école pour les fans de cinéma lesbien
- Où voir Gypsy
- La bande annonce
- Questions fréquentes sur Gypsy
- Gypsy est-elle vraiment une série lesbienne ?
- Combien de saisons compte Gypsy sur Netflix ?
- Qui joue Sidney dans Gypsy ?
- Pourquoi Gypsy a-t-elle été aussi mal reçue par la critique ?
- Y a-t-il des scènes érotiques explicites dans Gypsy ?
- Sam Taylor-Johnson a-t-elle vraiment réalisé des épisodes ?
- Y aura-t-il une saison 2 de Gypsy sur Netflix ?
Une revisite improbable d'une série mal-aimée
J'avais regardé Gypsy lors de sa sortie en 2017 et, malgré les scènes lesbiennes brûlantes, j'étais d'accord avec ce que tout le monde disait de la série, à savoir qu'elle était, euh, mauvaise. La série est d'ailleurs notée 40 % sur Rotten Tomatoes. Mais cette semaine, dans un moment de solitude émotionnelle, j'ai décidé de lui donner une seconde chance. Et je suis ravie de l'avoir fait, parce que j'ai vécu un retournement de situation spectaculaire. Ce sera peut-être mon opinion la plus risquée à ce jour, alors je vais ajouter un point d'interrogation pour atténuer le choc : Gypsy est, une bonne série ?
Je sais que je ne suis pas la seule à défendre bravement cette opinion, parce que les fans de la série sont acharnés. L'année dernière, certaines en ont même été jusqu'à installer deux panneaux publicitaires à West Hollywood pour demander à Netflix de renouveler Gypsy. Pourquoi tant de passion pour une série où Naomi Watts livre probablement l'une de ses pires performances, dans une histoire qui ressemble à une suite improbable de Mulholland Drive que personne n'avait demandée ? Une série où aucun jeu d'acteur n'est véritablement remarquable, dont la musique et la photographie oscillent entre le kitsch et la comédie involontaire.
Pourquoi ? Pourquoi est-ce que nous nous en soucions autant ?

Une fantasmagorie lesbienne plus qu'un thriller
Parce que cette série est une fantaisie sexuelle. Si l'on retire les répliques mal écrites et la séduction gênante entre la prédatrice et sa proie, Gypsy est avant tout une fantasmagorie lesbienne, une sorte de porno avec plus de budget. La série suit Jean Holloway (Naomi Watts), une thérapeute cognitivo-comportementale qui se crée un alter ego, Diane, pour s'infiltrer dans la vie des proches de ses patients. Son idée du travail de terrain : aller résoudre leurs problèmes à leur place en manipulant leur entourage. Et parmi ces personnes se trouve Sidney (Sophie Cookson), l'ex-petite amie de son patient Sam.
Sidney représente ce genre d'histoire toxique, instable et irrésistible qui hante une vie entière, y compris celle de Sam. La méthode d'investigation principale de Jean Holloway dans ce cas précis ? Coucher avec Sidney. Pour comprendre ce que Sam voyait en elle, il faut qu'elle le voie aussi en la désirant. C'est une fantaisie lesbienne sombre, tordue et toxique, construite autour de l'obsession romantique, des rapports de pouvoir et des écarts d'âge.
💡 Le saviez-vous ? Deux épisodes de Gypsy ont été réalisés par Sam Taylor-Johnson, qui a aussi dirigé le premier volet de Cinquante nuances de Grey en 2015. Le rapprochement n'est pas anodin : la série emprunte ouvertement à la grammaire du désir-pouvoir développée dans la franchise, en la déplaçant sur une dynamique entre femmes.
Le fantasme de la femme plus mûre dans le cinéma lesbien
La dynamique femme plus âgée, femme plus jeune est extrêmement présente dans l'imaginaire lesbien actuel. Je me sens d'ailleurs personnellement responsable d'avoir contribué à la tendance des femmes queer qui déclarent ouvertement vouloir être assassinées par Rachel Weisz.
Ce fantasme de la femme plus mûre existe depuis longtemps dans le cinéma lesbien : dans Carol (2015) de Todd Haynes, raison pour laquelle les femmes queer veulent toutes être dominées par Cate Blanchett ; dans Chloe (2009) d'Atom Egoyan, où Julianne Moore inspire autant de soumission que de fascination ; ou encore dans Loving Annabelle (2006) de Katherine Brooks, un film objectivement mauvais mais centré sur une romance interdite entre une professeure et son élève.
Sur le même registre du fantasme femme mûre, romance lesbienne en variation toxique : notre lecture détaillée de Carol de Todd Haynes reprend la grammaire du regard et de la dépendance que Gypsy reformule en mode thriller.

Ce qui rend Gypsy addictive malgré ses défauts
Gypsy est kitsch, excessif, parfois ridicule, et j'ai parfois l'impression d'être une vieille dame affalée dans son fauteuil fatigué qui regarde ses "histoires" du soir. Mais c'est précisément ce qui rend la série si addictive : c'est un bonbon visuel, facile à consommer, entièrement regardable. C'est une série sur le désir, la manipulation, le pouvoir et le sexe. C'est Cinquante nuances version lesbienne. Je peux la regarder en faisant glisser une infinité de profils sur Tinder, en ignorant volontairement les intrigues secondaires ou les problèmes conjugaux de Jean Holloway, mais en revenant immédiatement à l'écran dès que l'on passe aux scènes sexuelles, tel un vautour concentré.
Les lesbiennes adorent la tension sexuelle. Nous vivons pour un slow burn. Nous voulons des jeux psychologiques, un "vont-elles ou non", des regards lourds, des mains qui effleurent, jusqu'à ce que la frustration devienne insoutenable. Gypsy nous offre six épisodes entiers de cela, puis un feu d'artifice dans l'épisode 7. La série nous donne un presque-baiser dans une boîte de nuit, quand Sidney plaque Jean Holloway contre un mur mais renonce à l'embrasser. Gypsy nous donne mille "presque" : une crise d'angoisse lors d'un rendez-vous au musée, une scène de rêve où Sidney défait la cravate de Jean et déboutonne sa chemise, un rapport clandestin dans les toilettes, un moment de grinding sur une chaise. La bande-annonce est portée par Waiting Game de Banks, devenue une chanson lesbienne par essence.
Si vous cherchez un autre thriller psychologique avec tension lesbienne explicite, notre dossier sur Killing Eve, série culte avec Sandra Oh et Jodie Comer documente ce même rapport de prédation, prolongé sur quatre saisons.
Un cas d'école pour les fans de cinéma lesbien
D'habitude, quand je me décide à revoir un film ou une série lesbienne kitsch, comme The L Word, Pretty Little Liars ou Orange Is the New Black, je finis presque toujours frustrée. Je termine encore plus affamée de contenu lesbien de qualité. Mais pas cette fois. Revoir Gypsy a été l'une des meilleures décisions que j'ai prises récemment. C'est peut-être l'une des séries lesbiennes les plus torrides jamais réalisées, et rien que pour cela, elle mérite le respect.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Titre | Gypsy |
| Genre | Thriller psychologique, drame |
| Création | Lisa Rubin |
| Saisons | 1 saison, 10 épisodes |
| Sortie | 30 juin 2017 |
| Rôles principaux | Naomi Watts (Jean Holloway), Sophie Cookson (Sidney Pierce) |
| Plateforme | Netflix |
| Note Rotten Tomatoes | 40 % (saison 1) |
⚖️ En un coup d'œil
✅ Tension sapphique frontale, rare sur Netflix en 2017
✅ Naomi Watts en thérapeute manipulatrice, contre-emploi assumé
✅ Bande-son soignée, photographie léchée signée Stuart Dryburgh
❌ Critiques très défavorables, série annulée après une saison
Où voir Gypsy
La série reste disponible en intégralité sur Netflix, en France comme au Québec, dans la formule streaming standard.
Pour élargir au panorama 2026 et identifier les prochaines séries WLW à venir, notre sélection des sorties lesbiennes 2026 regroupe les sorties saphiques les plus attendues de l'année.
La bande annonce
La bande-annonce officielle, mise en ligne par Netflix avant la sortie de la série en juin 2017, met en scène la première rencontre entre Jean Holloway et Sidney sur la chanson Waiting Game de Banks.
Note de la rédaction : ★★★☆☆
Une série flawed mais hypnotique, à regarder avec recul comme objet pop sapphique plutôt que comme un thriller abouti. Le plaisir coupable assumé.
📌 À retenir
Annulée après une saison, mal notée par la critique, Gypsy reste une curiosité essentielle pour qui cherche des séries Netflix avec une véritable tension lesbienne assumée. Naomi Watts en thérapeute obsessionnelle et Sophie Cookson en proie consentante portent une fantasmagorie autour du désir, du pouvoir et de l'écart d'âge, dans la lignée de Carol ou Chloe.
Questions fréquentes sur Gypsy
Gypsy est-elle vraiment une série lesbienne ?
Le personnage principal, Jean Holloway, est marié à un homme et entretient parallèlement une relation passionnelle avec Sidney, jeune femme de vingt ans. La série explore explicitement un désir lesbien, des scènes intimes entre femmes et une obsession amoureuse. Elle peut être lue comme bisexuelle côté Jean, mais l'intrigue principale repose sur la dynamique sapphique entre les deux femmes.
Combien de saisons compte Gypsy sur Netflix ?
Gypsy ne compte qu'une seule saison de 10 épisodes, diffusée le 30 juin 2017. Netflix a annoncé l'annulation de la série le 11 août 2017. Aucune suite n'a été produite, malgré une pétition de fans et deux panneaux publicitaires installés à West Hollywood pour demander un renouvellement.
Qui joue Sidney dans Gypsy ?
Le rôle de Sidney Pierce, jeune musicienne new-yorkaise dont Jean Holloway s'éprend, est tenu par l'actrice britannique Sophie Cookson, révélée par Kingsman : Services secrets de Matthew Vaughn en 2014. Sa performance est l'un des points souvent salués de la série, y compris dans les critiques par ailleurs négatives.
Pourquoi Gypsy a-t-elle été aussi mal reçue par la critique ?
La presse a reproché à Gypsy un rythme trop lent, une intrigue principale peu crédible et un usage gratuit du suspense. Rotten Tomatoes la note 40 %. Paste Magazine a parlé d'un "raté mal rythmé au potentiel inexploité". Les défenseurs de la série soulignent à l'inverse son atmosphère, sa direction artistique et la rareté du désir lesbien explicite à la télévision en 2017.
Y a-t-il des scènes érotiques explicites dans Gypsy ?
Oui, plusieurs épisodes contiennent des scènes sexuelles entre Jean Holloway et Sidney, dont un rapport dans les toilettes d'un bar et plusieurs scènes intimes filmées en gros plan. La série est classée TV-MA aux États-Unis et déconseillée aux moins de 16 ans en France.
Sam Taylor-Johnson a-t-elle vraiment réalisé des épisodes ?
Oui, la cinéaste britannique Sam Taylor-Johnson, autrice de Cinquante nuances de Grey en 2015, a réalisé deux épisodes de Gypsy, dont le pilote. Sa signature visuelle, des cadres serrés sur le désir et une lumière travaillée, marque toute la première moitié de la saison.
Y aura-t-il une saison 2 de Gypsy sur Netflix ?
À ce jour, aucune saison 2 de Gypsy n'est confirmée. Netflix a officiellement annulé la série en août 2017, et ni la créatrice Lisa Rubin ni les actrices principales n'ont annoncé de relance. Selon Variety, l'éventualité d'une suite portée par une autre plateforme reste très peu probable, près de neuf ans après l'arrêt initial.
Sources
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