17 mai : Journée de lutte contre les LGBTphobies

Chaque 17 mai, la Journée internationale de lutte contre les LGBTphobies rappelle une évidence encore fragile : personne ne devrait être discriminé pour qui elle aime ou pour son identité de genre. La date n'a rien d'arbitraire. Elle commémore le jour de 1990 où l'Organisation mondiale de la santé a cessé de classer l'homosexualité parmi les maladies mentales. Origine, sens de la date, lesbophobie et gestes concrets : ce dossier fait le point.
📅 Date : 17 mai, chaque année
🌍 Lancement : première édition internationale le 17 mai 2005, à l'initiative de Louis-Georges Tin
🕊️ Commémore : le retrait de l'homosexualité de la classification de l'Organisation mondiale de la santé, le 17 mai 1990
🏛️ Reconnaissance : journée reconnue notamment par l'Union européenne, la France, la Belgique et le Royaume-Uni
❓ Pourquoi le 17 mai est-il la Journée contre les LGBTphobies ?
Le 17 mai a été choisi parce que, ce jour de 1990, l'Organisation mondiale de la santé a retiré l'homosexualité de sa classification internationale des maladies. La date commémore cette décision et fait de la Journée internationale de lutte contre les LGBTphobies un rendez-vous mondial de sensibilisation.
Sommaire
- Origines de la Journée internationale de lutte contre les LGBTphobies
- Du 17 mai à l'IDAHOBIT : l'évolution d'un nom
- Le 17 mai et la lesbophobie : l'angle souvent oublié
- Les actions et événements organisés le 17 mai
- Les dates clés de la Journée internationale du 17 mai
- Les associations qui luttent contre les LGBTphobies
- La France et la diplomatie des droits LGBT+
- Comment soutenir la lutte contre les LGBTphobies au quotidien
- La journée du 17 mai en vidéo
- Questions fréquentes sur la Journée du 17 mai
- Qui a créé la Journée internationale de lutte contre les LGBTphobies ?
- Que veut dire l'acronyme IDAHOBIT ?
- Quelle différence entre homophobie, lesbophobie, biphobie et transphobie ?
- Que s'est-il passé le 17 mai 1990 ?
- Quels événements sont organisés le 17 mai ?
- La Journée du 17 mai est-elle un jour férié ?
- Comment participer à la Journée du 17 mai ?
Origines de la Journée internationale de lutte contre les LGBTphobies
La Journée internationale de lutte contre les LGBTphobies est une journée mondiale célébrée le 17 mai. Lancée par le militant français Louis-Georges Tin, elle a connu sa première édition internationale le 17 mai 2005. Son objectif : sensibiliser le public aux discriminations et aux violences qui visent les personnes LGBT+, et encourager des actions concrètes en faveur de l'égalité.
Une journée lancée par Louis-Georges Tin
L'initiative revient à Louis-Georges Tin, universitaire et militant français des droits LGBT+. Il porte le projet à partir de 2004 et coordonne la première Journée mondiale le 17 mai 2005, quinze ans jour pour jour après la décision de l'Organisation mondiale de la santé. Louis-Georges Tin préside ensuite le Comité IDAHO, structure internationale de coordination, de 2005 à 2013.
Des initiatives locales avaient préparé le terrain. Dès 2003, la Fondation Émergence lançait au Québec une première Journée nationale contre l'homophobie. En 2004, un collectif d'associations étudiantes organisait en Île-de-France une journée de lutte contre l'homophobie en milieu étudiant. La date du 17 mai a ensuite donné à ce mouvement une portée mondiale.
Progrès et reculs au fil des années
Depuis sa création, la journée a contribué à faire avancer la reconnaissance des droits LGBT+. Des années 1960 au milieu des années 2010, la tendance fut globalement à l'amélioration : près de cent pays ont dépénalisé l'homosexualité, un tiers des États ont adopté des lois contre les discriminations et un quart ont reconnu une forme d'union entre personnes de même sexe, selon le ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères.
Mais depuis une dizaine d'années, la tendance s'inverse. Plusieurs régions du monde connaissent une poussée conservatrice, un durcissement des lois et un recul des droits. Les personnes transgenres, en particulier, font face à une hausse des violences. La Journée du 17 mai garde donc tout son sens : rappeler les acquis, nommer les reculs, maintenir la vigilance.
💬 "Dans un contexte international où ils sont trop souvent contestés, les droits des personnes LGBT+ sont plus que jamais une priorité de la diplomatie des droits de l'Homme de la France."
- Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, mai 2026
Du 17 mai à l'IDAHOBIT : l'évolution d'un nom
Le nom de la journée a évolué avec les combats qu'elle porte. À ses débuts, elle se nomme Journée internationale contre l'homophobie, connue sous l'acronyme anglais IDAHO, pour International Day Against Homophobia. En 2009, la campagne du Comité IDAHO se concentre sur la transphobie et les violences faites aux personnes transgenres : la journée devient la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie et la transphobie.
En 2015, la biphobie est ajoutée au titre, pour nommer les discriminations spécifiques visant les personnes bisexuelles. La journée est aujourd'hui souvent désignée par l'acronyme IDAHOBIT, qui réunit en anglais homophobie, biphobie et transphobie. En français, on parle de Journée internationale de lutte contre les LGBTphobies, un pluriel qui dit la diversité des rejets combattus.
💡 Le saviez-vous ? En 2009, à l'occasion du 17 mai, la France est devenue le premier pays au monde à retirer la transidentité de sa liste des affections psychiatriques, une annonce portée par la ministre de la Santé Roselyne Bachelot.
Le 17 mai et la lesbophobie : l'angle souvent oublié
Parler de LGBTphobies au pluriel, c'est aussi reconnaître que toutes les discriminations ne se ressemblent pas. La lesbophobie désigne le rejet spécifique visant les lesbiennes. Elle se situe au croisement de deux mécanismes : l'homophobie, qui sanctionne l'attirance entre personnes de même sexe, et le sexisme, qui vise les femmes. Une lesbienne peut ainsi être discriminée comme femme et comme homosexuelle, parfois dans le même mouvement.
Cette spécificité reste souvent invisible. Dans l'espace public comme dans les médias, les lesbiennes ont longtemps été moins représentées que les hommes gays, au point que leur existence a pu être niée ou réduite à un fantasme. Les associations comme SOS Homophobie documentent chaque année, dans leur rapport, des actes lesbophobes : insultes, harcèlement, agressions, rejet familial.
Le 17 mai est donc une occasion de nommer la lesbophobie pour elle-même, et pas seulement de la diluer dans un ensemble LGBT+ indifférencié. Visibiliser les vies lesbiennes, leurs récits et leurs combats fait pleinement partie de la lutte.
La lesbophobie se combine parfois à d'autres rejets, sociaux ou religieux. Le récit de ce parcours de lesbienne et musulmane entre lesbophobie et résilience montre concrètement ce que recouvre cette superposition de discriminations.
Les actions et événements organisés le 17 mai
Chaque 17 mai, des manifestations et des rassemblements se tiennent dans de nombreux pays pour dénoncer les discriminations et les violences. Marches, veillées, conférences, performances artistiques : les formes varient, mais l'objectif reste le même, rendre visibles les personnes concernées et exiger l'égalité des droits. Le drapeau arc-en-ciel y tient une place centrale.
La journée est aussi un temps fort de sensibilisation. Campagnes sur les réseaux sociaux, affiches, vidéos, ateliers en milieu scolaire ou en entreprise : ces actions informent le grand public et rappellent aux personnes LGBT+ les ressources qui existent pour les soutenir. Chaque année, le Comité IDAHO propose une campagne thématique, des religions en 2010 à l'appel pour la dépénalisation universelle de l'homosexualité.
Le 17 mai ouvre une saison de mobilisations qui se prolonge jusqu'à l'été. Pour préparer la suite, le calendrier de la Marche des Fiertés de Paris 2026 rassemble les dates à retenir pour les Fiertés en France.
Les dates clés de la Journée internationale du 17 mai
| Année | Étape |
|---|---|
| 1990 | L'Organisation mondiale de la santé retire l'homosexualité de sa classification internationale des maladies, le 17 mai. |
| 2003 | La Fondation Émergence lance au Québec la première Journée nationale contre l'homophobie. |
| 2005 | Première Journée mondiale contre l'homophobie, coordonnée par Louis-Georges Tin. |
| 2009 | La transphobie est intégrée : la journée vise désormais l'homophobie et la transphobie. |
| 2015 | La biphobie est ajoutée au titre de la journée. |
Les associations qui luttent contre les LGBTphobies
De nombreuses organisations agissent toute l'année contre les LGBTphobies. À l'échelle internationale, l'ILGA, l'Association internationale des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans et intersexes, fédère des centaines d'associations. Des ONG généralistes comme Human Rights Watch ou Amnesty International intègrent les droits LGBT+ à leur travail.
En France, SOS Homophobie recueille les témoignages, publie un rapport annuel et intervient en milieu scolaire. Le Refuge accompagne les jeunes LGBT+ confrontés au rejet familial. Le Comité IDAHO France relaie la journée du 17 mai. Au Canada, la Fondation Émergence poursuit le travail entamé dès 2003. À côté de ces structures, des initiatives locales, centres communautaires et associations étudiantes créent des espaces sûrs au plus près des personnes concernées.
La France et la diplomatie des droits LGBT+
Au-delà des associations, des États se sont saisis de la cause. La France met en avant un rôle moteur dans la diplomatie des droits LGBT+. En 2022, le pays a nommé un ambassadeur chargé de porter ces messages auprès des gouvernements, de l'Union européenne, des organisations internationales et de la société civile. En 2023, il a créé un fonds spécifique pour soutenir les défenseurs des droits humains et venir en aide aux personnes LGBT+ en danger.
La France réaffirme régulièrement son appel à la dépénalisation universelle de l'homosexualité, encore criminalisée dans plusieurs dizaines de pays. Cet engagement s'exprime dans les enceintes multilatérales comme dans les relations bilatérales. La Journée du 17 mai sert de point d'appui à ces prises de parole institutionnelles : un rappel utile que la lutte contre les LGBTphobies ne relève pas seulement de la société civile.
Comment soutenir la lutte contre les LGBTphobies au quotidien
La lutte contre les LGBTphobies ne se limite pas au 17 mai. Quelques gestes simples y contribuent toute l'année :
- Adopter un langage respectueux et inclusif, éviter les expressions discriminatoires et respecter les prénoms et pronoms choisis par chacune.
- Écouter sans juger une personne qui partage son expérience, et ne pas minimiser ce qu'elle vit.
- Intervenir ou signaler, lorsque c'est possible et sûr, face à une situation de discrimination ou de harcèlement.
- Soutenir les associations LGBT+, par le bénévolat, le don ou la simple participation à leurs événements.
L'homophobie prend des formes multiples, parfois discrètes. Notre dossier consacré à l'homophobie rassemble analyses, témoignages et actualités pour mieux la reconnaître et la combattre.
La journée du 17 mai en vidéo
La vidéo ci-dessous prolonge ce dossier et revient en images sur la portée de la Journée internationale de lutte contre les LGBTphobies.
📌 À retenir
Le 17 mai, la Journée internationale de lutte contre les LGBTphobies commémore le retrait de l'homosexualité de la classification de l'Organisation mondiale de la santé en 1990. Lancée par Louis-Georges Tin en 2005, élargie à la transphobie puis à la biphobie, elle reste un rendez-vous de vigilance, y compris pour nommer la lesbophobie.
Questions fréquentes sur la Journée du 17 mai
Qui a créé la Journée internationale de lutte contre les LGBTphobies ?
La journée a été lancée par Louis-Georges Tin, universitaire et militant français. Il porte le projet à partir de 2004 et coordonne la première édition internationale le 17 mai 2005. Louis-Georges Tin préside ensuite le Comité IDAHO, structure de coordination internationale, de 2005 à 2013.
Que veut dire l'acronyme IDAHOBIT ?
IDAHOBIT est l'acronyme anglais de International Day Against Homophobia, Biphobia and Transphobia. Il désigne la Journée internationale de lutte contre les LGBTphobies. La forme initiale, IDAHO, ne mentionnait que l'homophobie ; la transphobie a été intégrée en 2009 et la biphobie en 2015.
Quelle différence entre homophobie, lesbophobie, biphobie et transphobie ?
L'homophobie vise l'attirance entre personnes de même sexe. La lesbophobie cible spécifiquement les lesbiennes, au croisement de l'homophobie et du sexisme. La biphobie rejette les personnes bisexuelles, la transphobie les personnes transgenres. Le terme LGBTphobies réunit ces rejets distincts sous un même mot.
Que s'est-il passé le 17 mai 1990 ?
Le 17 mai 1990, l'Organisation mondiale de la santé a retiré l'homosexualité de sa classification internationale des maladies. Cette décision a mis fin à des décennies de pathologisation. La date a ensuite été choisie pour symboliser la Journée internationale de lutte contre les LGBTphobies.
Quels événements sont organisés le 17 mai ?
Le 17 mai donne lieu à des marches, des rassemblements, des veillées et des conférences dans de nombreux pays. S'y ajoutent des campagnes de sensibilisation sur les réseaux sociaux, des ateliers en milieu scolaire et en entreprise, ainsi que des actions artistiques portées par les associations LGBT+.
La Journée du 17 mai est-elle un jour férié ?
Non. La Journée internationale de lutte contre les LGBTphobies n'est pas un jour férié. C'est une journée de sensibilisation, reconnue officiellement par plusieurs États et institutions comme l'Union européenne, mais sans incidence sur le calendrier du travail ou des écoles.
Comment participer à la Journée du 17 mai ?
Pour participer à la Journée du 17 mai, il est possible de rejoindre une marche ou un rassemblement local, de relayer les campagnes des associations, de soutenir une organisation comme SOS Homophobie ou Le Refuge, ou simplement d'ouvrir le dialogue autour de soi. Chaque geste de visibilité compte.
Sources
- Sélection du Prix Gouincourt : inclusion ou exclusion dans la littérature lesbienne ?
- La disparition des bars lesbiens à Montréal
- La Gay Pride de Paris, récupérée par les couloirs étroits de la politique
- Lesbophobie en France : crimes, chiffres et témoignages
- LGB Alliance : pourquoi les lesbiennes, gays et bisexuels créent leur propre mouvement
Pour participer au Mag, lisez cet article



