The Testaments : la série événement qui prolonge La Servante écarlate arrive sur Disney+


The Testaments arrive sur Disney+ le 8 avril 2026, quinze ans après les événements de La Servante écarlate. La série de Bruce Miller, adaptée du roman éponyme de Margaret Atwood paru en 2019, place deux jeunes filles au cœur de Gilead : Agnes (Chase Infiniti) et Daisy (Lucy Halliday). Dix épisodes, un final le 27 mai, une écriture qui regarde la sororité comme un acte politique. La critique salue déjà une suite d'une rare acuité.
Sommaire
- Une suite qui déplace le regard de Gilead vers la génération suivante
- Chase Infiniti et Lucy Halliday, un duo central qui porte la série
- Une esthétique de la contrainte au service d'un récit d'émancipation
- Ce que The Testaments raconte de la sororité en dystopie
- Un casting d'autrices et d'actrices engagées
- Le calendrier complet des épisodes
- The Testaments et la tradition saphique de l'utopie contrariée
- Réception critique et enjeux pour la suite
- Où voir The Testaments en France ?
- La bande annonce
- FAQ - Tout ce qu'il faut savoir sur The Testaments
- Quand sort The Testaments en France ?
- Combien d'épisodes compte la première saison ?
- Faut-il avoir vu La Servante écarlate pour comprendre The Testaments ?
- The Testaments contient-il une romance lesbienne ?
- Qui est Lucy Halliday, l'interprète de Daisy ?
- Quelle est la différence entre le roman et la série ?
- Y aura-t-il une saison 2 de The Testaments ?
Une suite qui déplace le regard de Gilead vers la génération suivante
Nous suivons depuis des années les incarnations télévisées de l'œuvre de Margaret Atwood. La Servante écarlate s'est achevée en 2025 après huit saisons sur Hulu. The Testaments prolonge l'univers sans le répéter. Bruce Miller, créateur déjà à l'origine de la première adaptation, choisit une bascule générationnelle assumée : ce n'est plus June Osborne qui porte le récit, mais les filles nées ou élevées sous le régime théocratique.
La série diffuse ses trois premiers épisodes le 8 avril 2026 sur Hulu aux États-Unis et sur Disney+ en France. Les sept épisodes restants sortent chaque mercredi jusqu'au 27 mai. Dix chapitres au total, chacun pensé comme un mouvement dramatique dans une partition resserrée. La durée oscille entre 37 et 59 minutes, une respiration que la saison précédente avait perdue au profit de climax répétés.
Le récit s'ouvre à l'Académie d'Ardua Hall, l'école élitiste dirigée par Tante Lydia (Ann Dowd, de retour dans le rôle qui l'a consacrée). Agnes, élève modèle, attend ses premières menstruations pour rejoindre la saison des mariages. Daisy, arrivée du Canada, porte en elle un secret qui la lie directement à la Résistance. De cette tension naît la matière principale de la saison : apprendre à obéir pour mieux préparer la désobéissance.
Chase Infiniti et Lucy Halliday, un duo central qui porte la série
Le choix des deux interprètes principales n'a rien d'anodin. Chase Infiniti, révélée dans Presumed Innocent sur Apple TV+, incarne une Agnes dont la piété n'est jamais une façade : c'est une croyante qui vacille. Lucy Halliday, actrice écossaise de vingt-deux ans, avait déjà marqué les esprits dans Blue Jean, drame lesbien britannique situé dans l'Angleterre thatchérienne. Son prix BAFTA écossais pour ce rôle annonçait une comédienne capable de porter la complexité d'une héroïne double.
La rencontre entre Agnes et Daisy structure toute la saison. L'une se prépare à devenir épouse de commandant ; l'autre est une agent dormante de Mayday, le réseau rebelle. Leur rapprochement se construit lentement, par coups d'œil furtifs, par partage d'une broche, par prière murmurée. La critique de Variety signée Aramide Tinubu parle d'un récit d'apprentissage exemplaire, qui éclaire « la puissance que le patriarcat sous-estime dans les connexions féminines ».
Autour d'elles gravitent des personnages solides. Rowan Blanchard incarne Shunammite, condisciple rivale et alliée à géométrie variable. Mattea Conforti joue Becka Grove, jeune fille dont l'affection pour Agnes se heurte à l'interdit absolu : à Gilead, il n'y a pas d'espace pour l'amour entre femmes. Amy Seimetz campe Paula, mère adoptive d'Agnes. Mabel Li complète le panthéon des Tantes avec Aunt Vidala. Elisabeth Moss effectue un retour dans la peau de June Osborne, reliant les deux générations sans écraser la nouvelle.
Les héroïnes de Gilead nous rappellent que les grandes fictions dystopiques ont toujours nourri la littérature saphique. Pour prolonger cette veine entre résistance et sentiment, retrouvez notre sélection des meilleurs romans lesbiens, où l'émancipation se conjugue au romanesque.
Une esthétique de la contrainte au service d'un récit d'émancipation
L'Académie comme décor de répression douce
La mise en scène troque les rues de Boston pour les salles feutrées d'Ardua Hall. Murs tapissés, dortoirs alignés, salles de broderie : le pouvoir y prend la forme d'un ordre décoratif. Cette esthétique de l'intérieur est une rupture nette avec les extérieurs oppressants de La Servante écarlate. Gilead se raconte ici par ce qu'il produit en vase clos, ce qui rend la violence plus lente et plus traîtresse.
Un code couleur qui raconte la hiérarchie
Les élèves passent du rose (les Pinks) au prune (les Plums) selon leur progression. Chaque teinte signale un stade d'acceptation du destin matrimonial. Le passage d'une couleur à l'autre devient un ressort narratif : il marque le moment où la jeune fille cesse d'être enfant et devient marchandise. Les costumes, signés Natalie Bronfman, citent sans copier l'imagerie des précédents Atwood au cinéma.
Le livre de Margaret Atwood comme colonne vertébrale
Atwood a publié The Testaments en 2019. Le roman a remporté le Booker Prize la même année, partagé avec Bernardine Evaristo. Bruce Miller s'écarte du livre sur un point déjà commenté par The Hollywood Reporter : l'identité parentale de Daisy a été modifiée pour préserver la cohérence chronologique avec la série mère. L'autrice canadienne a validé ces ajustements, qu'elle voit comme une respiration donnée à l'œuvre.
Ce que The Testaments raconte de la sororité en dystopie
La série s'intéresse à un angle rarement traité en dystopie patriarcale : la manière dont les femmes apprennent à s'aimer entre elles dans un système qui le leur interdit. L'affection de Becka pour Agnes n'est pas le ressort d'un scandale. Elle est montrée comme une évidence contrariée, une tendresse qui cherche ses mots dans un vocabulaire confisqué.
Daisy, elle, apporte un regard extérieur. Éduquée au Canada, elle découvre Gilead avec les yeux d'une observatrice formée aux valeurs démocratiques. Son arrivée permet à la série de rappeler ce qui se joue hors des frontières de la théocratie : une vie où l'amour entre femmes peut être nommé, vécu, revendiqué. Ce décalage donne à la saison une texture dialectique qui manquait parfois à La Servante écarlate sur la fin.
La critique anglophone, sur Rotten Tomatoes (88 % au lancement) comme sur Metacritic (71/100), relève ce point : The Testaments n'est pas une série d'action sous oppression. C'est une étude de la résistance intime, celle qui commence par un regard échangé dans un couloir.
Un casting d'autrices et d'actrices engagées
| Personnage | Actrice | Rôle dans le récit |
|---|---|---|
| Agnes MacKenzie | Chase Infiniti | Fille du Commandant, promise au mariage, croyante qui doute |
| Daisy | Lucy Halliday | Jeune Canadienne, agent dormante de Mayday |
| Tante Lydia | Ann Dowd | Directrice d'Ardua Hall, gardienne d'un ordre ambigu |
| Shunammite | Rowan Blanchard | Camarade d'Agnes, amitié fluctuante |
| Becka Grove | Mattea Conforti | Élève attachée à Agnes, affection contrariée |
| June Osborne | Elisabeth Moss | Mère biologique d'Agnes, passerelle avec La Servante écarlate |
| Paula | Amy Seimetz | Mère adoptive d'Agnes, épouse de commandant |
| Tante Vidala | Mabel Li | Figure secondaire de l'autorité religieuse |
Le calendrier complet des épisodes
Voici le rythme hebdomadaire tel qu'annoncé par Hulu et Disney+. Les fans francophones bénéficient d'une diffusion simultanée, rareté bienvenue pour une production d'une telle ampleur.
- Épisodes 1 à 3 : 8 avril 2026
- Épisode 4 : 15 avril 2026
- Épisode 5 : 22 avril 2026
- Épisode 6 : 29 avril 2026
- Épisode 7 : 6 mai 2026
- Épisode 8 : 13 mai 2026
- Épisode 9 : 20 mai 2026
- Épisode 10 : 27 mai 2026 - final intitulé « Secateurs »
The Testaments et la tradition saphique de l'utopie contrariée
La littérature dystopique a toujours été un terrain fertile pour les auteures lesbiennes. De Monique Wittig aux Guérillères à Sarah Waters et son Fingersmith, la fiction d'émancipation et la fiction de l'enfermement dialoguent depuis des décennies. The Testaments s'inscrit dans cette lignée sans s'y diluer. La série ne revendique pas une romance lesbienne centrale - l'oppression l'interdit au sein du récit - mais elle place la sororité, l'attachement entre filles, la tendresse contrariée au centre de son propos.
Nous trouvons dans cette économie narrative un écho aux romans qui construisent leur puissance sur l'empêchement. La littérature lesbienne aime ces récits où ce qui ne peut pas être nommé finit par tout dire. The Testaments réussit à rendre cette économie lisible à un grand public tout en maintenant une finesse d'observation rare dans les productions de prestige.
Les grandes fictions télévisuelles ne remplacent jamais le cinéma qui a forgé les imaginaires lesbiens. Pour revenir aux œuvres fondatrices, retrouvez les dernières infos de films et séries lesbiennes de la communauté.
Réception critique et enjeux pour la suite
Les premiers retours sont solides. Variety parle d'une « suite exemplaire » et d'un récit d'apprentissage magistral. The Hollywood Reporter insiste sur la qualité de l'écriture des personnages féminins secondaires, souvent traités à la légère dans les dystopies. Bruce Miller a confié au magazine viser trois à cinq saisons, une ambition dictée par l'étendue du roman source et par la réception critique.
La production mobilise MGM Television, 20th Television, Love & Squalor Pictures (la société d'Elisabeth Moss), The Littlefield Company, White Oak Pictures et Toluca Pictures. Un appareillage industriel solide, qui garantit un budget à la hauteur de la reconstitution.
Où voir The Testaments en France ?
La plateforme française officielle est Disney+, qui a récupéré les droits de Hulu après la fusion des catalogues. Les abonnés peuvent ainsi suivre la série au rythme américain, chaque mercredi.
Voir The Testaments sur Disney+
Note de la rédaction : ★★★★☆
Une suite qui tient ses promesses. The Testaments déplace l'univers de Gilead vers la génération suivante sans trahir l'œuvre d'origine. Le duo Chase Infiniti / Lucy Halliday donne à la saison une charge émotionnelle qui transcende l'exercice du spin-off. Bruce Miller signe ici un récit d'apprentissage aussi politique qu'intime, porté par une réalisation sobre et un casting féminin d'une précision rare.
La bande annonce
FAQ - Tout ce qu'il faut savoir sur The Testaments
Quand sort The Testaments en France ?
The Testaments est disponible sur Disney+ depuis le 8 avril 2026, avec les trois premiers épisodes en accès immédiat. Les épisodes suivants sortent chaque mercredi jusqu'au 27 mai 2026.
Combien d'épisodes compte la première saison ?
La première saison comporte dix épisodes, d'une durée comprise entre 37 et 59 minutes. Le final s'intitule « Secateurs » et sera diffusé le 27 mai 2026.
Faut-il avoir vu La Servante écarlate pour comprendre The Testaments ?
Non, la série est pensée pour être accessible à un nouveau public. Les liens avec la série mère existent, notamment à travers le personnage d'Agnes (fille de June Osborne) et le retour d'Elisabeth Moss. Les spectatrices qui connaissent l'univers gagneront en profondeur, mais le récit se tient de lui-même.
The Testaments contient-il une romance lesbienne ?
La série ne construit pas de romance lesbienne centrale, cohérente avec le contexte de Gilead où l'amour entre femmes est interdit. Elle explore en revanche la sororité, l'affection contrariée (notamment via le personnage de Becka) et l'intensité des liens féminins dans un régime totalitaire. La dimension saphique y est suggérée, présente, jamais explicite.
Qui est Lucy Halliday, l'interprète de Daisy ?
Lucy Halliday est une actrice écossaise de vingt-deux ans. Elle s'est fait connaître dans Blue Jean (2022), drame lesbien britannique pour lequel elle a reçu un prix BAFTA écossais. Son rôle de Daisy marque sa première grande production internationale.
Quelle est la différence entre le roman et la série ?
Bruce Miller a modifié l'identité parentale de Daisy pour préserver la cohérence chronologique avec La Servante écarlate. Margaret Atwood a validé ces ajustements. Le reste de l'intrigue suit fidèlement la trame du roman, publié en 2019 et couronné du Booker Prize la même année.
Y aura-t-il une saison 2 de The Testaments ?
Bruce Miller a indiqué dans The Hollywood Reporter viser trois à cinq saisons pour couvrir l'ensemble du matériau romanesque et élargir l'univers. Aucune annonce officielle de renouvellement n'a été faite au jour de cette publication, mais la réception critique et les audiences du lancement plaident pour une continuation.
Sources
Vous aimerez aussi
Articles sur le même sujet
- Intimidad : La Série Netflix qui Met en Lumière les Enjeux du Féminisme
- "Je ne suis pas un homme facile" - Une comédie sociale féministe
- Découvrez le film "Flashback" : une drama comédie féministe et poignante
- Buffy et Faith : Quand la série culte aurait du développer l'amour lesbien entre deux Tueuses de vampires
- La nouvelle série lesbienne incontournable : "Une équipe hors du commun"
Pour participer au Mag, lisez cet article



