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Je suis lesbienne.... et catho !

Billets d'humeur
(Temps de lecture: 10 - 19 minutes)

Lesbienne et catholique : foi, sexualité et regard de l'Église en 2026

Au départ, mon article devait s'intituler "Homosexualité et religion". J'ai toutefois craint que devant ce titre universitaire mes lectrices et lecteurs soient rebutés devant ce qui pourrait s'assimiler à une conférence théorique. Oui, je parlerai bien de l'origine religieuse de l'homophobie, et vous verrez qu'elle n'est pas piquée des vers. Tout au moins en ce qui concerne la religion chrétienne, celle que je connais le mieux. Mais, même si cela m'en coûte, je dévoilerai un pan de ma vie à ce sujet, qui montrera que les choses ne sont pas si claires qu'on veut le dire.

❓ Peut-on être lesbienne et catholique pratiquante ?

Oui. Depuis la déclaration Fiducia Supplicans signée par le pape François le 18 décembre 2023, l'Église catholique autorise la bénédiction non liturgique des couples de même sexe. Le mariage sacramentel reste réservé à l'union hétérosexuelle, mais la foi et l'orientation lesbienne ne sont plus présentées comme incompatibles dans la pratique pastorale.

Sommaire

La religion judéo-chrétienne et l'homosexualité

Les origines bibliques du Lévitique

Remontons jusqu'au Ve siècle avant notre ère. C'est à cette époque qu'a sans doute été écrit le livre de la Bible nommé Le Lévitique. Troisième livre de l'Ancien Testament, il est contenu dans la Torah. Une espèce de code "de bonne conduite" sociale, religieuse et alimentaire dont le contenu pourrait paraître désuet aujourd'hui, s'il n'était toujours la référence des ultras orthodoxes. Bien sûr, on connaît la loi kasher, mais certains traditionalistes considèrent comme une offense à Dieu de mélanger les produits laitiers et la viande.

À l'inverse, ce qui a perduré, y compris dans la religion chrétienne, c'est la condamnation sans appel de l'homosexualité.

💬 "Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme ; ce serait abomination."

- Lévitique 18, 22

Et voilà, c'est parti pour deux millénaires et demi.

Le nouveau testament et les lettres de Saint Paul

Le nouveau testament commence par les quatre Évangiles. Aucune mention d'homosexualité n'y est présente. La seule évocation de la sexualité réside dans le personnage de Marie-Madeleine, présente dans tous les quatre. Prostituée ? Compagne de Jésus ? Elle est mise en scène par les quatre évangélistes alors qu'elle verse un flacon de parfum de très grand prix sur les pieds de Jésus et l'essuie avec ses cheveux. Ce geste équivoque est critiqué par les apôtres, qui reprochent non l'acte lui-même, mais le fait qu'on n'aurait pu utiliser le prix pour nourrir les pauvres. Ce à quoi Jésus rétorque qu'ils auront encore de nombreuses occasions de le faire quand il ne sera plus là.

On ne peut pas en dire autant du troisième livre du nouveau testament, les lettres de Paul de Tarse. Citoyen romain d'origine juive, Paul de Tarse devient une figure exemplaire du christianisme après sa conversion sur le chemin de Damas. Le problème avec lui, c'est sa rigueur morale. Alors que le Christ lui-même ne parlait que de récompenses, Paul de Tarse brandit les menaces de l'enfer au coin de chacune de ses lettres. Sa vision des femmes ? "Femmes, soyez soumises à vos maris", écrit-il dans son épître aux Éphésiens. Tout un programme. Cette épître est toujours présente dans la liturgie catholique, en particulier comme texte proposé pour la cérémonie de mariage.

💬 "Dieu les a livrés à des passions avilissantes : leurs femmes ont échangé les rapports naturels pour des rapports contre-nature ; les hommes de même, abandonnant les rapports naturels avec la femme, se sont enflammés de désir les uns pour les autres, commettant l'infamie d'homme à homme."

- Paul de Tarse, Épître aux Romains 1, 26-27

Augustin d'Hippone et le péché originel

Il faudra attendre les IVe et Ve siècles pour voir arriver un théologien tout aussi catégorique : Augustin d'Hippone. Pour Augustin d'Hippone, boire une bière fraîche quand il fait chaud ou savourer un repas gastronomique relève déjà du diable. Interdiction de jouir. A fortiori quand il s'agit de gros câlins. On peut faire l'amour, mais uniquement pour faire un enfant. Et puis, quand celui-ci naît, c'est quand même à cause d'un plaisir charnel. Qu'à cela ne tienne, Augustin d'Hippone invente alors le concept de péché originel. Un petit coup de baptême là-dessus, et le tour est joué.

Que dire d'un orgasme entre deux personnes du même sexe ? Dans ses Confessions, il écrit : "Si tous les peuples imitaient Sodome, ils seraient tenus de la même culpabilité devant la loi divine, qui n'a pas fait les hommes pour user ainsi d'eux-mêmes."

Au XIIIe siècle, c'est Thomas d'Aquin qui assène : "Dans les péchés contre nature, où l'ordre même de la nature est violé, il est fait injure à Dieu."

La hiérarchisation des institutions chrétiennes

Lorsque l'Église commence à se hiérarchiser et à mettre en place ses institutions, l'homosexualité est désormais considérée comme un crime. C'est le cas à partir du Moyen Âge central. Le bas Moyen Âge voit apparaître les premiers tribunaux d'inquisition. Les homosexuels des deux sexes sont passibles du bûcher. Pour les hommes, il y a parfois pire : le supplice du pal.

Après la Renaissance, les violences de l'Église catholique, en particulier contre les protestants, se calment. Le XVIIe siècle voit une recrudescence de la rigueur morale, surtout avec le jansénisme et le mariage morganatique de Louis XIV avec la très psychorigide Madame de Maintenon. Pourtant, une grande latitude est laissée à l'homosexualité. Philippe d'Orléans, frère de Louis XIV, n'hésite pas à se montrer avec ses amours masculines, et Ninon de Lenclos s'affiche ouvertement bisexuelle. Pendant les deux siècles suivants se renforcent les principes moraux de l'Église catholique, surtout au XIXe siècle. C'est donc une Église moralisatrice, sclérosée et punitive qui arrive au milieu du XXe siècle.

Vatican II et l'évolution conciliaire

C'est au pape Jean XXIII qu'on attribue le souhait de remettre les institutions ecclésiastiques "dans le siècle". Prématurément frappé par la mort, c'est son successeur Paul VI qui poursuivra les réformes. Celles-ci prennent corps avec le concile Vatican II en 1965. Il n'est pas question alors de morale chrétienne vis-à-vis de la sexualité ou de l'homosexualité. Ce sont les institutions qui sont réformées, en incluant une participation renforcée des laïcs dans l'Église. Les fidèles peuvent alors se constituer en associations, interlocutrices privilégiées à l'écoute de leurs problèmes.

Treize ans plus tard, c'est l'élection de Jean-Paul II. Sur le plan géopolitique, c'est un raz-de-marée ; pour la morale, c'est un virage à 180 degrés en vitesse. Le pape polonais jette l'anathème sur tout ce qui ressemble de près ou de loin au sexe. Plus de contraception : on fait l'amour pour avoir des enfants, point. Même le préservatif est mis à l'index, preuve qu'il n'y connaissait pas grand-chose. Vatican II a tout de même des effets positifs, car chez les fidèles, les choses commencent à grincer. C'est ainsi que dans les années 90 et au début des années 2000 se créent des associations de catholiques homosexuels comme David et Jonathan en France. Benoît XVI, auprès duquel son prédécesseur passerait pour un libéral, ne va pas améliorer les choses.

L'islam et l'homosexualité féminine

Difficile pour moi de faire une synthèse complète d'une religion que je connais mal. Heureusement, je peux m'appuyer sur ma compagne de culture musulmane pour dire quelques mots.

Bien que postérieure de six cents ans à la religion chrétienne, l'islam ne lui doit rien en termes d'homophobie. L'homosexualité y est considérée comme la pire des abominations. Il ne s'agit même pas de faute ou de péché, mais de souillure. Contrairement à la chrétienté où les Évangiles n'en font aucune mention, le Coran, texte fondateur de l'islam, l'évoque dans plusieurs sourates. S'inspirant largement de la Bible, il reprend l'épisode de Sodome et Gomorrhe.

💬 "Et Loth, quand il dit à son peuple : Vous livrez-vous à une abomination à laquelle personne au monde ne s'est livré avant vous ? Certes, vous assouvissez vos désirs charnels sur les hommes au lieu des femmes. Vous êtes vraiment des gens outranciers."

- Coran, sourate 7, versets 80-81

L'universitaire tunisien Abdelwahab Bouhdiba (1932-2020), auteur de l'ouvrage La Sexualité en Islam (PUF, 2004), écrit : "L'unité du monde ne se fait que dans l'harmonie des sexes réalisée en pleine connaissance de cause. Le meilleur moyen de réaliser l'accord voulu par Dieu, c'est pour l'homme d'assumer sa masculinité et pour la femme de prendre en charge sa propre féminité."

Le rapport entre lesbianisme et islam mérite un dossier à part. Pour approfondir, lire le parcours d'une lesbienne musulmane entre acceptation et rejet permet de saisir la double assignation que vivent les femmes concernées.

L'exception lesbienne dans les religions du Livre

Dans les textes de l'islam, l'homosexualité est toujours désignée par le terme liwat, qui renvoie sémantiquement à l'homosexualité masculine. Les amours lesbiennes ne sont mentionnées ni dans la Bible ni dans le Coran. Le Moyen Âge en France constitue la seule période où l'on a châtié des "sodomites femelles". Pour l'islam, l'équivalent féminin de la liwat se nomme sihaq : aujourd'hui encore, il n'est pas considéré comme un crime et donc exempt de la peine de mort. Quelques coups de fouet, tout au plus. Même chose pour le judaïsme, qui conseille dans un écrit du XIIe siècle : "Un homme devrait être particulièrement strict avec sa femme à ce sujet, et devrait empêcher les femmes connues pour se livrer à ces pratiques de lui rendre visite."

Ici aussi, le châtiment se limite à la flagellation. Comment expliquer cette indulgence relative ? De la façon la plus simple : les femmes n'ont pas réellement d'existence dans les sociétés patriarcales des religions du Livre. Qu'elles s'adonnent à des pratiques homosexuelles n'a pas grande importance, puisqu'elles sont jugées négligeables. Cela rappelle ce qui s'est passé en Allemagne entre 1933 et 1945. Si un homme fréquentait sexuellement un autre homme, il mettait en péril l'idéal aryen : l'homme était la clé de voûte du Reich. D'où le triangle rose qui marqua des dizaines de milliers d'homosexuels en camps de concentration. Pour les femmes, les nazis s'en moquaient. Le principal était qu'elles fassent des enfants, mâles de préférence ; le reste du temps, leurs amours saphiques leur étaient indifférentes. Parmi les grandes figures du régime, en particulier dans la SS, beaucoup étaient lesbiennes. Il y a quelque chose de jouissif à penser que ce qui a épargné nos semblables pendant des siècles, c'est leur faiblesse supposée d'être des femmes.

💡 Le saviez-vous ? Le sihaq, mot arabe désignant les rapports lesbiens, ne figure pas explicitement dans le Coran. Les juristes musulmans classiques l'ont introduit dans la jurisprudence à partir du IXe siècle, en s'appuyant sur des hadiths secondaires, ce qui explique l'absence de peine capitale uniforme dans le droit islamique sur ce point.

Aujourd'hui, mini tempête au Vatican

Jamais l'homosexualité n'a été honnie autant que sous les pontificats de Jean-Paul II et Benoît XVI. En 2013, le nouveau pape d'origine sud-américaine va couper les ponts avec ses prédécesseurs : "Si une personne est gay et cherche le Seigneur, qui suis-je pour le juger ?" déclare-t-il lors de son retour du Brésil pour les Journées Mondiales de la Jeunesse. Les communautés LGBT ne s'enthousiasment pas plus que cela, d'autant que François modère ses propos quelques jours plus tard : "L'homosexualité n'est pas un crime, mais elle reste un péché."

Dix ans après cette déclaration, c'est une tempête qui s'abat sur le Vatican. Le 18 décembre 2023, Vatican News relaie l'information selon laquelle le dicastère pour la Doctrine de la foi, principale congrégation chargée de la conformité des mœurs dans le monde catholique, annonce, avec l'accord du pape François, ouvrir sa bénédiction aux couples irréguliers. Sont visés par ce vocable les couples non mariés vivant ensemble, les couples divorcés et les couples homosexuels. La déclaration s'intitule Fiducia Supplicans.

Le rite catholique repose sur sept sacrements, qui sont une sorte de mise en ligne directe avec Dieu. Parmi eux, le mariage. Une fois prononcé, puisqu'il est d'essence divine, il ne peut plus être annulé. Il ne peut donc pas s'appliquer à un mariage homosexuel. Cependant, plus rien ne s'oppose à un prêtre qui le souhaite de prononcer une simple bénédiction pour un couple gay ou lesbien. Cela s'est déjà fait en 2021 en Allemagne et en Belgique. Il y a néanmoins certaines conditions, tout à fait compréhensibles : il ne s'agit pas d'un pseudo-mariage avec les attributs vestimentaires, paroles ou propos qui lui sont propres.

Cette déclaration pontificale, surprenante, fait suite à la reconnaissance par François de l'union civile entre deux personnes du même sexe. Reste à craindre que le pontife ne craque devant les pressions d'autres figures de l'Église, notamment celle du cardinal guinéen Robert Sarah, qui ne décolère pas. La majorité des catholiques pratiquants, en particulier européens, demeure méfiante face à l'évolution de leur Église depuis plusieurs décennies. La presse internationale, toutes tendances politiques confondues, salue toutefois ce changement de cap.

Vivre son orientation sans cacher sa foi participe d'un même mouvement que celui décrit dans ce texte sur la portée politique de la visibilité lesbienne aujourd'hui, à lire en complément de ce témoignage.

Mon parcours personnel entre foi et lesbianisme

La découverte de l'Évangile

Voici l'occasion de lever un peu le voile sur ma vie personnelle. J'ai été élevée dans la foi catholique, d'une façon ambivalente, ce qui explique en partie ma dichotomie actuelle vis-à-vis de la religion. D'un côté, ma mère, très traditionaliste façon Christine Boutin, prête à invoquer "vade retro Satanas" à chaque petit bout de néné à la télévision. De l'autre, mon père, à qui je dois toute ma culture et surtout ma tolérance. C'est lui qui m'a appris à mieux connaître l'Évangile, et le message d'amour qui s'en dégage. Non, l'Évangile n'est pas le Lévitique ou le Coran. On n'y parle jamais de punitions, mais toujours d'amour. "Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés" : citation galvaudée, mais tellement vraie.

J'ai aussi été aidée par un prêtre ami de la famille. Il plaisait à ma mère parce qu'il était issu d'une grande famille et que son aspect extérieur était classique : costume sombre, chemise grise, col romain. À mon père parce qu'il pouvait passer des heures à discuter de théologie. À moi parce qu'il m'expliquait des choses simples et frappées au coin du bon sens. À l'éternelle question : "Si Dieu existe, pourquoi permet-il tout le malheur du monde ?", il me répondait invariablement : "Imagine que Dieu soit derrière toi à chaque seconde et te dise 'fais pas ci, fais pas ça' pour éviter que tu te blesses. Tu en aurais vite marre, et tu finirais par lui dire 'lâche-moi les baskets.' Eh bien, c'est ce qu'il fait. Dieu veut que les hommes soient libres, même si c'est pour faire des bêtises."

Coming out lesbien et péché par omission

Puis la vie a délité tout cela. Mes parents se sont séparés. Je n'ai plus eu de nouvelles de mon père. Sans nous ignorer totalement, j'ai un peu perdu de vue mon ami prêtre. À la fin de mon adolescence, après une vie quasi asexuelle, j'ai rencontré Denise à la fac. Un peu gothique sur les bords, elle m'a initiée aux plaisirs lesbiens et a quitté sa compagne pour moi. J'étais heureuse et ne me suis posé aucune question sur la découverte de mon homosexualité. Plein de choses se sont enchaînées ensuite. J'ai continué ma vie de lesbienne et ma vie spirituelle en mettant un mur entre les deux.

Aujourd'hui, un accident de la vie a été l'occasion de reprendre contact avec mon ami prêtre. J'avais peut-être été trop vite. Honnêtement, avec toute l'amitié que nous nous portions, saurais-je me dévoiler à lui, alors que je ne l'avais fait pour personne ? La loyauté l'a emporté. Je lui ai fait connaître ma véritable vie et présenté ma compagne. Rassurez-vous, il ne m'a pas jeté l'anathème, même s'il n'a pu s'empêcher de manifester une certaine déception triste. Il m'a simplement confirmé que j'étais libre de vivre ma vie comme je l'entendais. J'ai tout de même été un peu morigénée : E. m'a reproché de ne pas le lui avoir dit malgré notre amitié. Compte tenu de son statut, il ne pouvait le répéter à personne, mais le taire équivalait à un mensonge par omission, donc à un péché. Un peu biscornu, mais vrai quand même.

📌 À retenir

Les religions du Livre portent une lourde part dans l'origine de l'homophobie occidentale. Mais l'islam et le judaïsme classique ont longtemps ignoré le lesbianisme par mépris du féminin, et le catholicisme romain a basculé en 2023 avec Fiducia Supplicans. Foi et orientation lesbienne ne sont plus, dans la pratique pastorale, irréconciliables.

Pourquoi je revendique d'être lesbienne et catholique

Oui, oui, oui, les religions du Livre sont à l'origine de l'homophobie, pour ne pas dire de la haine viscérale contre l'homosexualité qui sévit encore aujourd'hui. Quand on sait cela, on ne peut qu'être d'accord avec Voltaire qui affirmait haut et clair que Dieu existe, mais que l'idée de déité a été pervertie par les religions.

Si l'origine remonte au Lévitique, c'était il y a 2 500 ans. Pourquoi parfois tant de haine de la part de la communauté LGBT contre les catholiques ? Parce que, permettez-moi de le dire, ça fait un peu cliché et amalgame. Notre communauté est variée, et c'est ce qui en fait la richesse. Chez les catholiques, il n'y a pas qu'une Christine Boutin clonée à des millions d'exemplaires. Oui, chez les catholiques il y a des fachos, mais aussi beaucoup de personnes à l'esprit ouvert qui reconnaissent que la vie des autres peut être différente de la leur. Cet état de choses est aujourd'hui reconnu par les autorités ecclésiastiques elles-mêmes. Avant de cracher sur les "cathos fachos", pensez bien que l'une d'entre vous est aussi catholique. Et à chaque fois, ça me fait mal.

D'autres figures lesbiennes ont, avant moi, conjugué foi et désir : le panorama de douze figures lesbiennes qui ont réécrit les règles remet ce témoignage personnel dans une lignée historique plus longue.

Questions fréquentes sur être lesbienne et catholique

Que dit exactement la Bible sur l'homosexualité féminine ?

Très peu. Le Lévitique (18, 22 et 20, 13) condamne explicitement les rapports entre hommes, mais ne mentionne pas les relations lesbiennes. Seul Paul de Tarse, dans l'Épître aux Romains 1, 26, évoque des "femmes ayant échangé les rapports naturels pour des rapports contre-nature", sans nommer expressément le lesbianisme. L'Église a longtemps appuyé sa condamnation sur cette base très mince.

Une lesbienne peut-elle recevoir les sacrements catholiques ?

Oui. Le baptême, la confirmation, la communion et l'onction des malades restent accessibles à toute personne baptisée. Le mariage sacramentel est en revanche réservé à un homme et une femme. Depuis 2023, la déclaration Fiducia Supplicans autorise une bénédiction non liturgique des couples de même sexe, à l'écart du rituel matrimonial.

Qu'est-ce que la déclaration Fiducia Supplicans de décembre 2023 ?

C'est un document du dicastère pour la Doctrine de la foi, signé par le cardinal Víctor Manuel Fernández et approuvé par le pape François le 18 décembre 2023. Il autorise des bénédictions pastorales spontanées pour les couples en situation "irrégulière", y compris les couples homosexuels. Il distingue clairement cette bénédiction du sacrement de mariage, maintenu entre un homme et une femme.

Existe-t-il des associations de catholiques lesbiennes en France ?

Oui. David et Jonathan, fondée en 1972, est l'association historique des chrétiens LGBT francophones. Le Pèlerinage Devenir Un en Christ accueille aussi régulièrement des fidèles homosexuels. La Communion Béthanie, plus contemplative, propose un accompagnement spirituel spécifique. Ces structures existent à Paris, Lyon, Toulouse et dans plusieurs villes de province.

L'islam puni-t-il les rapports entre femmes de la même manière que les rapports masculins ?

Non. La jurisprudence islamique classique distingue la liwat (sodomie masculine) du sihaq (rapports lesbiens). La liwat peut entraîner la peine capitale dans certaines interprétations rigoristes. Le sihaq est généralement puni de coups de fouet ou de peines correctionnelles, jamais de mort. Cette différence reflète le statut secondaire accordé à la sexualité féminine dans le droit musulman classique.

Comment vivre sa foi catholique quand on est lesbienne aujourd'hui ?

De manière variable selon les paroisses et les diocèses. Certaines communautés, notamment dominicaines ou jésuites, accueillent ouvertement les fidèles lesbiennes. D'autres restent fermées. Le dialogue avec un prêtre formé à la pastorale LGBT, le choix d'une paroisse inclusive et l'éventuel rattachement à une association comme David et Jonathan facilitent une pratique sereine.

L'Église catholique va-t-elle ouvrir le mariage religieux aux couples lesbiens ?

À ce jour, non. Le mariage sacramentel reste défini par l'Église comme l'union d'un homme et d'une femme ouverte à la procréation. Selon Vatican News, le pape François a rappelé en avril 2024 que Fiducia Supplicans n'ouvrait pas la voie au mariage homosexuel. L'évolution doctrinale, si elle survient, dépendra du prochain pontificat et du synode sur la synodalité, dont les conclusions sont attendues dans les années à venir.

Sources


Article mis à jour le 6 mai 2026
LM
Article signé
La rédaction de Lesbia Mag
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