Love me Tender : Vicky Krieps incarne la lesbienne de Constance Debré au cinéma

Aime-moi tendrement, le premier long métrage d’Anna Cazenave Cambet adapté du roman de Constance Debré, porte à l’écran une maternité lesbienne tiraillée par une bataille de garde. Vicky Krieps incarne Clémence, aux côtés de Monia Chokri et Antoine Reinartz. Présenté à Un Certain Regard au Festival de Cannes 2025, nominé à la Queer Palm, le film est sorti en salle le 10 décembre 2025 et en VOD le 26 mars 2026. Plongée dans une œuvre politique, écrite au scalpel.
Sommaire
- Un premier long métrage français attendu
- De quoi parle Aime-moi tendrement ?
- Cannes 2025 : sélection Un Certain Regard et Queer Palm
- Sortie en salle et en VOD
- Une portée politique assumée
- Tableau récapitulatif du film
- Pourquoi regarder Aime-moi tendrement en 2026 ?
- La bande annonce
- Questions fréquentes sur Aime-moi tendrement
- Note de la rédaction
Un premier long métrage français attendu
Aime-moi tendrement est le premier long métrage de la réalisatrice française Anna Cazenave Cambet. Repérée pour ses courts et son documentaire De cendres et de braises, elle s’attaque ici à une matière littéraire redoutable : Love Me Tender, roman autofictionnel de Constance Debré paru chez Flammarion en 2020. Deuxième volume d’un cycle lesbien ouvert par Play Boy, ce livre dissèque la maternité d’une lesbienne engagée dans une bataille judiciaire pour la garde de son fils. La matière est brûlante. La mettre en image, périlleuse.
La réalisatrice assume sa proximité avec le texte. Elle a découvert le roman à l’époque où elle venait elle-même d’être mère. Le choc fut immédiat. "J’ai eu un électrochoc", a-t-elle confié. De ce point de rencontre intime est né un projet qui refuse autant la hagiographie que la distance froide. Aux côtés de Constance Debré, associée au scénario, Anna Cazenave Cambet a cherché une adaptation qui préserve la langue nette et ironique de l’autrice sans la réduire à un commentaire.
Vicky Krieps, choix politique
Dans le rôle de Clémence, Vicky Krieps apporte une densité internationale. Révélée dans Phantom Thread de Paul Thomas Anderson, elle s’est imposée comme l’une des comédiennes européennes les plus singulières, d’Old à Corsage. Sa présence sur ce projet français a un effet double : elle légitime la sortie internationale et elle signale la portée universelle du sujet. Sa Clémence est laconique, bouleversante, incapable de se plier aux injonctions. Le film lui offre ses meilleurs silences.
Monia Chokri en amoureuse
Face à elle, Monia Chokri incarne Sarah, la nouvelle compagne. Actrice et réalisatrice québécoise (La Femme de mon frère, Simple comme Sylvain), Chokri apporte un contrepoint lumineux à la gravité de Krieps. Le duo fonctionne sans romance ostentatoire. La réalisatrice a fait le choix de montrer l’attachement dans les gestes quotidiens plutôt que dans les scènes de désir canoniques. Ce parti pris a nourri une partie des commentaires critiques, divisés entre reconnaissance de la justesse et regret d’une certaine retenue.
De quoi parle Aime-moi tendrement ?
Clémence, avocate à Paris, vit séparée depuis plusieurs années de Laurent, père de leur fils Paul. La garde est partagée. Un été, elle annonce à son ex-mari qu’elle a désormais des relations amoureuses avec des femmes. À partir de cet instant, tout vacille. Laurent engage une procédure pour restreindre le droit de visite. Les institutions, police, juges, enquêtrices sociales, se mettent à la suivre comme si le fait d’être lesbienne avait fait d’elle une mère potentiellement dangereuse.
Le film épouse la temporalité des procédures et des rendez-vous médicolégaux, entre bureaux, cabinets, cafés, quais de Seine. Il montre comment une vie amoureuse assumée peut être requalifiée, dans le regard d’un système, en facteur de risque pour un enfant. Il ne gomme pas les ambivalences : Clémence est parfois dure, parfois absente, parfois rebelle jusqu’à la casse. Mais la violence première, celle de l’assignation hétéronormative, reste le cœur battant du récit.
Une écriture fidèle à Constance Debré
La romancière, ancienne avocate devenue figure littéraire depuis la sortie de Play Boy en 2018, a co-signé le scénario. La langue de Debré, économe, tranchante, presque sèche, imprègne les dialogues. Anna Cazenave Cambet a tenu à préserver ce phrasé. Le film évite les effets lyriques et privilégie une mise en scène attentive aux corps et aux silences. Cette fidélité stylistique explique aussi pourquoi certains spectateurs n’y entrent pas : la retenue peut être perçue comme distance. Pour d’autres, au contraire, elle cristallise la beauté de l’œuvre.
Cannes 2025 : sélection Un Certain Regard et Queer Palm
Le 20 mai 2025, le film fait sa première mondiale au Festival de Cannes, en sélection Un Certain Regard. Dans la section parallèle, la compétition est marquée par une pluralité de voix. Aime-moi tendrement se distingue par le souffle de son interprétation et par la radicalité du sujet. Il est nominé à la Queer Palm, récompense transversale qui distingue la meilleure œuvre LGBTIQ+ du festival, remportée la même année par La Petite Dernière d’Hafsia Herzi.
L’accueil critique est chaleureux sans être unanime. Les Échos salue "Vicky Krieps dans la peau de Constance Debré". Cine Woman met en avant la sensualité maîtrisée. Maze pointe une fragilité dans le rythme mais reconnaît la singularité du geste. Le film circule ensuite à Cabourg, au BFI London Film Festival et sur la quasi-totalité des festivals queer internationaux. Il consolide la visibilité internationale d’Anna Cazenave Cambet et confirme Vicky Krieps dans un registre de plus en plus politique.
Deux films, une saison lesbienne
2025 restera comme une saison pivot pour le cinéma lesbien français. La Petite Dernière d’Hafsia Herzi et Aime-moi tendrement d’Anna Cazenave Cambet ont convergé à Cannes la même semaine de mai. Les deux films, radicalement différents dans leur approche, abordent une même question : comment des femmes qui aiment des femmes existent-elles socialement, juridiquement, familialement, aujourd’hui en France. L’une explore une adolescence musulmane en banlieue, l’autre une maternité bourgeoise parisienne. Ensemble, elles élargissent le spectre.
Sortie en salle et en VOD
Aime-moi tendrement est sorti le 10 décembre 2025 dans les salles françaises, distribué par Tandem Films. Le film a cumulé 33 780 entrées en salle, chiffre modeste rapporté à sa presse critique, mais cohérent avec un positionnement d’auteur sur un sujet exigeant. La sortie en VOD, prévue le 26 mars 2026, a élargi significativement l’audience, avec une disponibilité sur les principales plateformes françaises.
Sur AlloCiné, la note presse atteint 3,3/5 sur 32 critiques, la note spectateurs 3,6/5 sur 508 votes. Les avis mettent en avant l’interprétation de Vicky Krieps, la force du sujet et la rigueur formelle. Les réserves, lorsqu’elles apparaissent, concernent la durée (2h13) et le rythme contemplatif. Le film a également été vendu dans plusieurs territoires pour une exploitation internationale courant 2026, sous son titre anglais Love Me Tender.
Une portée politique assumée
Le film aborde frontalement plusieurs sujets sensibles du droit de la famille. La menace de garde restreinte pour une mère lesbienne n’est pas une fiction : elle a été documentée par des associations comme APGL (Association des Parents Gays et Lesbiens), qui rappellent depuis des années que les pratiques judiciaires, loin des textes de loi, continuent parfois de distinguer la sexualité d’une mère du caractère de sa fonction parentale. Si les décisions les plus discriminantes sont aujourd’hui rares, les parcours restent émaillés de micro-violences, d’enquêtes sociales intrusives, de décisions instables selon les juridictions.
En ce sens, Aime-moi tendrement agit comme un révélateur. Il projette sur l’écran une expérience vécue par une fraction des mères lesbiennes françaises et invite le grand public à identifier ce que ces parcours impliquent. Le film ne caricature jamais l’ex-mari en monstre. Il montre une mécanique institutionnelle, des réflexes sociaux, des regards posés sur la mère dès lors qu’elle s’écarte de la norme attendue.
Un miroir pour les mères saphiques
Les retours sur les réseaux ont mis en avant la force d’identification ressentie par les mères lesbiennes, souvent peu représentées à l’écran. La figure de la mère est traditionnellement soit niée dans les récits saphiques, soit confinée à un arrière-plan. Voir Clémence vivre sa sexualité sans renoncer à sa parentalité, et l’inverse, constitue une proposition politique puissante dans le paysage français.
Tableau récapitulatif du film
| Champ | Détail |
|---|---|
| Titre français | Aime-moi tendrement |
| Titre international | Love Me Tender |
| Réalisation | Anna Cazenave Cambet |
| Scénario | Anna Cazenave Cambet, Constance Debré |
| Roman source | Love Me Tender, Constance Debré, Flammarion, 2020 |
| Interprètes principaux | Vicky Krieps, Monia Chokri, Antoine Reinartz, Viggo Ferreira-Redier |
| Durée | 2h13 |
| Sortie salle France | 10 décembre 2025 |
| Sortie VOD | 26 mars 2026 |
| Festival | Cannes 2025, Un Certain Regard, nomination Queer Palm |
| Distribution France | Tandem Films |
Pourquoi regarder Aime-moi tendrement en 2026 ?
Accéder au film
Après son exploitation en salle, le film est disponible en VOD depuis le 26 mars 2026 sur la plupart des plateformes françaises. Il est programmé dans plusieurs cinémathèques et festivals queer internationaux. Le roman Love Me Tender de Constance Debré, socle de l’adaptation, est disponible chez Flammarion.
La bande annonce
Questions fréquentes sur Aime-moi tendrement
Qui a réalisé Aime-moi tendrement ?
Le film est réalisé par Anna Cazenave Cambet. Il s’agit de son premier long métrage de fiction, après plusieurs courts métrages et le documentaire De cendres et de braises.
Sur quel livre le film est-il adapté ?
Le film adapte le roman Love Me Tender de Constance Debré, publié chez Flammarion en 2020, deuxième volet de son cycle autofictionnel lesbien.
Qui joue le rôle de Clémence ?
Le rôle de Clémence est interprété par Vicky Krieps, actrice luxembourgeoise révélée dans Phantom Thread et distinguée pour Corsage.
Où voir Aime-moi tendrement en 2026 ?
Le film est disponible en VOD depuis le 26 mars 2026 sur les principales plateformes françaises. Il est également programmé dans des festivals queer et cinémathèques.
Quel prix le film a-t-il reçu ?
Le film a été sélectionné à Un Certain Regard au Festival de Cannes 2025 et nominé à la Queer Palm la même année.
Le film est-il sorti à l’international ?
Oui. Sous le titre Love Me Tender, il a été vendu dans plusieurs territoires pour une exploitation courant 2026, notamment au Royaume-Uni via le BFI London Film Festival.
De quoi parle le film ?
Il raconte l’histoire de Clémence, avocate parisienne, qui voit son ex-mari engager une bataille judiciaire pour restreindre le droit de visite de leur fils après qu’elle assume publiquement sa vie lesbienne.
Note de la rédaction
Lesbia Mag a vu ★★★★☆
Aime-moi tendrement est un film dur, âpre, refusant la complaisance. Vicky Krieps y est magistrale. La mise en scène d’Anna Cazenave Cambet préserve ce qui rend Constance Debré indispensable : une exigence presque morale à ne pas consoler. Ce n’est pas le film grand public de la saison lesbienne, mais c’est l’un des plus politiques.
Sources
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