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Comment je n’ai pas fait mon coming-out

Billets d'humeur
(Temps de lecture: 10 - 20 minutes)

Comment vivre son homosexualité sans faire de coming out : le témoignage d'une femme lesbienne sur son non coming out

Il y a celles qui annoncent. Et il y a celles qui n'annoncent rien, parce qu'au fond, elles ne voient pas pourquoi elles devraient. Lou M. fait partie des secondes. Dans ce témoignage, elle raconte comment elle a découvert son attirance pour les femmes, vécu sa première histoire d'amour et traversé des années de vie professionnelle sans jamais prononcer la phrase attendue. Pas par honte, mais par conviction : ses frères et sœurs n'ont jamais déclaré leur hétérosexualité, alors pourquoi elle ?

Son récit dit une chose simple et rarement entendue : le coming out n'est pas un passage obligé. Il existe autant de chemins que de personnes, et le silence choisi peut être une forme de liberté autant qu'une stratégie de protection.

Le coming out est-il obligatoire ?
Non. Faire son coming out reste un choix personnel, jamais une obligation. On peut vivre son homosexualité pleinement sans la déclarer, n'en parler qu'à certaines personnes, ou attendre le moment qui convient. La confidentialité sur sa vie privée est un droit, et ne pas faire son coming out ne rend pas une identité moins légitime.

Sommaire

De l'adolescence à l'âge adulte

J’avais treize ou quatorze ans. Assise dans ce car qui nous menait en voyage scolaire en Italie, je sentais les fragrances du parfum de ma camarade, endormie sur mon épaule. Envoûtant.
A l’époque, je pensais que cela venait de son Jean Paul Gaultier pour hommes qui me transportait, pourtant, c’était bien elle, son visage contre moi, que je fixais tout le long du trajet. Ses cheveux courts, châtains sur lesquels de jolies mèches blondes ressortaient. Son visage fin, ses… Ouh là, je m’égare !

Mais à ce moment-là, au fin-fond de ma campagne française, l’homosexualité n’était pas un sujet que l’on abordait, et dont on entendait parler. Même pas aux informations. Enfin chez moi, au collège ou ailleurs. Alors jamais, dans mon adolescence, l’idée d’être lesbienne ne m’avait effleuré l’esprit. Jamais. Juste cette camarade, ou plutôt son parfum qui envahissait par moment mes pensées. Peut-être pas que mes pensées d’ailleurs…

A l’âge où mes amies commençaient à avoir des petits copains, moi j’observais tout ça de loin, étant plutôt la cupidon de tous mes camarades. Même si le fait de « ne pas être comme mes copines », autrement dit, amoureuse toutes les cinq minutes d’un nouveau mec, me questionnait beaucoup et parfois, j’en souffrais, l’idée d’être attirée par les filles plutôt que par les garçons était encore loin de moi. Très très loin.

Au lycée, je me suis donc mise à faire « comme tout le monde » en ayant un mec.

Gentil le garçon, mais notre histoire a pris fin lorsqu’il a voulu aller plus loin que de simples baisers. Avec le recul, je me rappelle ce que je ressentais lorsqu’il me parlait de relation sexuelle, une sorte de beurk - dont je n’avais pas encore conscience- que je cachais derrière un répétitif « je ne me sens pas prête ». Et comment… ! S’en sont suivies des années de disette que je ne comprenais pas trop à l’époque (j’étais assez naïve, il n’y avait pas d’homosexuels autour de moi, ou probablement je ne les voyais pas). Je savais qu’à l’âge que nous avions, il faudrait franchir ce pas, mon côté Bisounours m’obligeait à ne le faire qu’avec quelqu’un dont j’étais amoureuse, et il était certain qu’aucun garçon ne remplissait cette « case ». Pourtant j’ai fini par le faire, pour être comme tout le monde et …passons.

Cette difficulté à mettre des mots sur ses ressentis, beaucoup de lectrices la connaissent. Notre dossier suis-je lesbienne, comment savoir si j'aime les femmes revient sur ces premiers signaux que l'on met parfois des années à reconnaître.

Le bouleversement d'une vie

Puis il y a eu LA rencontre. Celle qui a bouleversé ma vie. Ou qui m’a ENFIN fait comprendre qui j’étais !

Cette fille, tellement différente des autres. Cette fille qui me faisait tant rire, devenue rapidement mon amie, cette fille que j’avais rencontrée au travail, avec qui je passais tout mon temps libre. Je l’avais croisée en septembre et pendant des mois, nous avions tout -ou presque !- fait ensemble : travailler, jouer au tennis, skier, sortir, partir en week end, rire et parler des heures et des heures.

Elle était ma meilleure amie - elle l’est toujours -, je lui disais tout, elle se confiait aussi, et me parlait notamment beaucoup d’une fille qu’elle avait connue au lycée. J’avais assez rapidement compris que leur relation n’avait pas été qu’amicale, ce qu’elle m’avait confirmé quelque temps plus tard.

Ce jour-là, j’avais ressenti une sorte de petit pincement au cœur, que j’avais préféré ignorer me contentant de lui répondre que j’étais contente de sa sincérité, mais que si c’est ce qu’elle cherchait avec moi, elle serait déçue car je n’étais pas attirée par les filles. Je l’ai ressassée celle-là. La peur, évidemment, car à peine avait-elle terminé son aveu, que je compris que mon attirance pour elle.

Mon esprit avait réagi très vite : il suffirait donc d’affirmer mon hétérosexualité et de balayer d’un revers de main ce sentiment pour que tout redevienne « normal » de mon côté. Voilà, une bonne chose de réglée! C’était sans compter sur le côté machiavélique de mon amie… Un soir de janvier, nous avions diné ensemble, et je la déposais sur un parking pour qu’elle récupère sa voiture afin de rejoindre ses amis en boite de nuit. Au moment de nous dire au revoir, au lieu de m’embrasser sur la joue, elle posa ses lèvres sur les miennes, puis sourit et sortit de la voiture sans un mot, me laissant là, hébétée.

Je restai sonnée, sur ce parking de supermarché pas éclairé, plus d’une heure, le cœur battant plus vite qu’à l’accoutumée, à me repasser le récent épisode et les nombreuses conversations que nous avions eu.

Et tandis que madame passait la nuit à s’amuser, la mienne se résuma à des tergiversations, des batailles entre mon cœur et ma tête, pour arriver au petit matin à une conclusion, sans faille : je n’étais pas lesbienne et j’allais mettre ça au clair avec elle le soir-même !

La journée fut longue, elle arriva au travail après moi, son attitude fut la même qu’AVANT - elle avait tout bouleversé dans ma vie, elle ne s’en rendait pas compte - je lui glissais, mal à l’aise que je voulais parler avec elle le soir ; elle fit la surprise en acceptant avec un sourire -mais quel sourire ! - et nous nous retrouvâmes le soir même, dans ma voiture : il faisait nuit, j’avais garé ma Super Cinq blanche au toit ouvrant - si ce n’est pas romantique ça, pour observer les étoiles les sièges couchés ! - dans un chemin de campagne, une habitude que nous avions, pour échanger pendant des heures - et je commençai par la questionner pour savoir à quoi rimait le baiser de la veille.

« C’était amical », m’avait-t-elle répondu toujours en souriant. Je débutai donc ma tirade, que je connaissais sur le bout des doigts, sur le fait que je l’adorais, mais qu’il ne se passerait jamais rien entre nous. « Ne jamais dire jamais » ! Je crois que trois minutes après, nous attaquions un marathon de baisers langoureux, pour finalement passer la nuit dans la voiture (non ! Vous n’en saurez pas plus sur ce qui s’est passé dans ma romantic-car !).

Tomber amoureuse de sa meilleure amie : un grand classique des premières histoires saphiques. Un autre témoignage le raconte dans comment je suis sortie avec ma meilleure amie lesbienne au lycée.

Le non-coming-out

C’était le début d’une histoire, ma première relation lesbienne, qui a duré trois ans.

Ce qui a été étrange, surtout pour moi, la Reine des ruminations, c’est que je ne me suis jamais questionnée sur ma sexualité, même à partir de là. J’ai vécu ma relation comme si c’était une relation hétéro. Je ne me suis pas dit « je suis lesbienne ! », je me suis dit « je suis amoureuse ! ».

Elle est venue très régulièrement à la maison, mes parents l’adoraient, elle passait ses nuits et ses journées chez nous, et je n’ai jamais eu besoin de leur préciser la nature de notre relation. Je savais au fond de moi qu’ils devaient bien s’en douter, mais ça n’avait aucune importance pour moi : j’étais ce que j’étais, ou plutôt, j’aimais qui je voulais. Et puis, mon frère et ma sœur n’avaient jamais annoncé leur hétérosexualité, pourquoi aurais-je signaler être lesbienne ? Pour moi, même si je ne pensais pas à ça à l’époque, l’égalité commençait là, et c’est d’ailleurs ce qui a été ma ligne de conduite quasiment toute ma vie. Bon, il est évident qu’en n’ayant presque aucun doute sur l’acceptation de ma famille ou de mes amis, c’était bien plus facile de penser ainsi. Et c’était un peu lâche quand même, avouons-le avec du recul, car ça m’évitait de devoir l’annoncer, de peut-être subir des regards, des réflexions. Peu importe le pourquoi, c’est ce que je pensais profondément.

La première fois que j’ai parlé de ça avec ma mère, c’était des années après : je suis arrivée chez mes parents après le départ de ma compagne de l’époque, et je me suis effondrée, lui confiant ma tristesse. Ce jour-là, elle m’a consolée, et m’a simplement glissé qu’ils m’aimaient comme j’étais, et que si mon homosexualité posait un problème à quelqu’un de notre - grande - famille, il aurait à faire à elle. I love you mom ! Ca ne m’a pas plus touchée que ça à vrai dire à l’époque, je trouvais ça simplement normal.

Concernant mes amis, je crois me rappeler leur avoir précisé que j’étais en couple avec Laëtitia, ma compagne de l’époque qui habitait chez moi et qu’ils connaissaient depuis plusieurs mois, ce à quoi probablement nous avions trinqué, toutes les excuses pour ça étant bonnes.

Cette réaction de la mère, faite d'amour simple et sans drame, beaucoup de familles la vivent aujourd'hui. Nos cinq conseils pour les parents qui découvrent que leur fille est lesbienne prolongent cette question du côté des proches.

Être lesbienne dans le milieu professionnel

Pendant très longtemps, c’est professionnellement que j’ai eu du mal à l’assumer : pas parce que je n’assumais pas qui j’étais, mais parce qu’évoluant rapidement à des postes de responsable, souvent tenus par des hommes, je devais déjà faire beaucoup plus mes preuves que n’importe lequel de ceux-là, et je craignais - à juste raison - que ma sexualité devienne un problème, ou plutôt une raison supplémentaire pour mon patron de l’époque de me mettre la pression. Lui, le misogyne avéré !
Et c’est ce qui se passa.

J’étais en couple avec Laëtitia, avec qui je travaillais, nous faisions tout pour que notre relation reste secrète, mais évidemment ça ne le resta pas puisqu’une charmante collaboratrice qui ne nous voulait que du bien vit la voiture de ma compagne chez moi plusieurs fois et fit enflée la nouvelle de notre couple en moins de temps qu’il me faut pour écrire ces mots. Et là… j’ai découvert ce que l’être humain pouvait avoir de plus bienveillant… Tout a commencé avec un commentaire, anonyme évidemment, sur une enquête de satisfaction adressée aux collaborateurs : « il faut être homosexuel comme la directrice dans cette entreprise pour espérer évoluer.

L’homosexualité est dégueulasse et me donne envie de vomir ! ».

Bim ! Je ne l’avais pas vue venir celle-là ! Tout ça parce que j’avais nommé quelques semaines auparavant, à un poste de responsable, un homme qui était avec un autre homme. Evidemment, je l’avais nommé parce qu’il était gay, pas parce qu’il était performant…

Ah la jalousie ! Pendant plusieurs semaines, j’ai subi quelques regards désobligeants, des murmures qui cessaient dès que je m’approchais, deux ou trois remarques acerbes de mon patron qu’heureusement je voyais peu, mais c’est surtout ma compagne qui a récolté les attaques de certains de ses collègues. Et ce jusqu’à ce que j’explose, que je convoque l’une d’entre elles dans mon bureau pour la prévenir que si elle n’arrêtait pas de se mêler de notre vie, si elle s’en prenait encore une fois, directement ou non, à ma compagne, j’allais, moi, dévoiler à son mari qu’il était cocu tous les vendredis soir lorsque madame se rendait soi-disant à son cours de danse.

Fallait pas m’énerver…

Ca a eu son effet, le calme est revenu, ces délicieuses personnes ayant trouvé d’autres cibles à leur écœurante méchanceté…
Pour moi, cette expérience-là a renforcé mon idée que je ne devais pas parler de mon homosexualité dans le milieu professionnel.

Ce qui n’a pas été facile à gérer dans ma relation suivante, ma compagne de l’époque, avec qui je suis restée longtemps, me reprochant de ne pas crier sur les toits de ma nouvelle entreprise que nous étions ensemble. Je n’en éprouvais ni le besoin, ni l’envie, me cachant derrière mon leitmotiv « mes collègues ne se présentent pas en disant qu’ils sont hétéros, je n’ai pas à annoncer que je suis lesbienne ». Je ne mentais pas en précisant que j’étais avec un homme, mais je tournais mes phrases pour ne pas avoir à préciser « elle » ou « il ».

Pas simple. Assez pesant. Mes amis, rencontrés alors sur mon lieu de travail étaient au courant, mon responsable de l’époque aussi, je passais du temps avec ma compagne lorsqu’elle venait me voir, évidemment, mais je gardais en moi toujours cette crainte, non pas d’être jugée, car je me moquais royalement de ce que pensaient les gens qui n’avaient aucune importance pour moi, mais que ma sexualité devienne un moyen de « pression » pour certains.

En travaillant pour cette entreprise, j’ai changé trois fois d’établissement ; lorsque je suis arrivée dans le troisième, je me suis rapidement aperçue que tous les employés étaient au courant que je vivais avec une femme. J’ai su après coup que mon prédécesseur, que j’avais embauché dans mon premier magasin, apprenant que c’est moi qui le remplacerais, s’était empressé d’adresser deux « avertissements » me concernant : que j’étais très exigeante -j’assume- et que j’étais lesbienne -j’assume aussi-. La personne que je suis est toujours, en écrivant ces mots, dans l’incompréhension totale de cette annonce sur ma sexualité, tant ça me dépasse. Bref. Je n’ai jamais rien entendu ni senti de désobligeant durant les trois années passées dans cet établissement en rapport avec ma sexualité -un peu plus sur mon exigence-

Ce que Lou M. décrit ici, c'est aussi un outing : la révélation de son homosexualité par un tiers, sans son accord. Cette pression du regard des collègues fait écho aux tensions que l'on retrouve parfois jusque dans le couple, comme l'explore notre article sur la jalousie et la possessivité dans les relations lesbiennes.

Liberté de dire, liberté de se taire

Aujourd’hui, quand je reviens sur mon parcours, sur l’acceptation de mon lesbianisme, avec le recul dû à mon âge, la sagesse qui va avec - bien sûr que si- au travail que j’ai fait sur moi ces dernières années, j’ai tendance à penser que malgré toutes les protections que j’ai tenté d’ériger autour de moi, malgré les discours que je me suis répétés, il y a toujours eu une « crainte » du regard de l’autre. Simplement parce que la société n’a pas vraiment évolué.

Ma famille a parfaitement accepté mon homosexualité, pourtant je me souviens d’un échange avec un de mes cousins - de ma génération- au moment du Mariage pour Tous : « le mariage, c’est et doit rester pour un homme et une femme, vous avez le PACS, c’est pareil ». Hum… Je lui avais alors demandé ce que ça changerait à SA vie si ma compagne de l’époque et moi décidions de nous marier ; bien évidemment, pas d’argument valable à cette remarque, j’avais donc clôturé la conversation en lui disant qu’il pouvait se rassurer, il n’y avait aucun risque qu’il soit invité à notre mariage.

Bien-sûr, il a été facile pour moi de ne pas faire de coming-out dans ma famille, parce que j’étais quasiment certaine, au fond de moi, que ça ne changerait rien pour eux ; il subsistait tout de même un doute, car, comme je l’ai évoqué plus tôt, ce n’était pas le genre de sujets que nous abordions à la maison. Encore moins avec la « grande » familles (oncles, tantes, cousins). Les choses étaient claires de toute façon: soit ils acceptaient, soit ils n’auraient plus fait partie de ma vie. Et c’est ce qu’il se serait passé s’ils avaient mal réagi.
Niveau professionnel, il est difficile de généraliser -je déteste les généralisations de toute façon- car j’ai vécu des expériences diverses, à quinze ans d’intervalle. Bien évidemment je trouve inacceptable de ne pas pouvoir annoncer sans aucune crainte de la réaction de son/ses interlocuteurs, son homosexualité. Ne serait-ce que l’étonnement, comme je l’ai vu parfois, m’agace. Pas de généralisations, car selon les milieux, les entreprises, les personnes même que l’on rencontre, les réactions sont différentes.
Mais je vois bien aujourd’hui, dans mon métier de thérapeute, à travers le récit de patientes, lesbiennes, que le coming-out n’est toujours pas chose facile, que les réactions peuvent être encore extrêmement violentes. Dans sa propre famille, ou dans le milieu professionnel.

Alors le « pour vivre heureux vivons cachés » serait-il le principe de vie à adopter pour être tranquille ? Je ne franchirai pas ce pas, car chacun agit à sa guise. Ou comme il peut.

On voit tous les jours, dans des affaires médiatisées, que plus vous affichez votre vie sur les réseaux sociaux par exemple, plus vous devenez une « cible » : incompréhension, agacement, jalousie, peu importe la ou les raisons, l’être humain trouvera toujours à redire sur votre vie. Il est plus facile de s’occuper de la vie de l’autre que de balayer devant sa porte. Vous décidez de l’afficher, c’est hélas le « prix à payer », parce que l’être humain est ainsi et il suffit d’une minorité pour la transformer un cauchemar (et cela va au-delà de l’homosexualité).

La Liberté. La liberté de dévoiler ou non son homosexualité. La liberté ou non d’afficher sa vie personnelle sur les réseaux sociaux. Tout est donc une question de liberté.

Mais j’ai un rêve… Je rêve d’un monde où les cases n’existent plus, où les mots « coming-out » n’existent plus. Je rêve d’un monde où ces questions ne se posent plus, où l’on n’a rien à annoncer. Simplement on avance dans nos vies, comme on le souhaite, et peu importe qui on aime. Alors comme je ne suis pas utopiste, je lis, et j’écris sur ce monde idéal…

Par Lou M.

📌 À retenir

Le coming out reste un choix, pas une obligation. Le récit de Lou M. rappelle qu'on peut vivre son homosexualité au grand jour sans jamais la « déclarer », par conviction d'égalité autant que par prudence. Chaque parcours est singulier : famille bienveillante d'un côté, lesbophobie au travail de l'autre. Seule compte la liberté de dire, ou de se taire, à son rythme.

Pour celles qui cherchent au contraire des repères concrets pour franchir le pas, notre dossier sur l'histoire et les étapes du coming out lesbien rassemble conseils pratiques et ressources d'écoute.

Questions fréquentes sur le coming out

Le coming out est-il obligatoire ?

Non. Faire son coming out n'a rien d'obligatoire. C'est une décision personnelle qui n'appartient qu'à soi. On peut vivre son homosexualité sans la déclarer, n'en parler qu'à un cercle choisi, ou décider de ne jamais en faire l'annonce. Ne pas faire de coming out ne rend pas une identité ou une relation moins légitime.

Peut-on être lesbienne sans faire son coming out ?

Oui, totalement. Le témoignage de Lou M. en est un exemple : elle a vécu plusieurs relations avec des femmes, présenté ses compagnes à sa famille, sans jamais prononcer le mot « lesbienne ». Vivre sa vie au grand jour sans cérémonie d'annonce est un chemin parmi d'autres, ni plus ni moins valable.

Pourquoi certaines personnes choisissent-elles de ne pas faire leur coming out ?

Les raisons varient : conviction qu'une hétérosexuelle n'annonce pas non plus son orientation, protection face à un environnement hostile, désir de garder sa vie privée pour soi, ou simple absence de besoin de proclamation. Le silence choisi n'est pas toujours de la peur : il peut relever d'une exigence d'égalité.

Quelle différence entre coming out et outing ?

Le coming out, c'est révéler soi-même son orientation, quand et à qui on le décide. L'outing, c'est lorsqu'un tiers dévoile cette orientation sans le consentement de la personne, comme l'a vécu Lou M. au travail. L'outing prive la personne de son droit à décider, et peut la mettre en danger.

Comment réagir à la lesbophobie au travail ?

Les discriminations liées à l'orientation sexuelle sont interdites par le droit du travail français. Documenter les faits, s'appuyer sur les représentants du personnel ou la médecine du travail, et solliciter une association spécialisée comme SOS homophobie permettent d'agir. Personne n'est tenu de subir des remarques homophobes dans son emploi.

Faire son coming out rend-il plus heureux ?

Pour beaucoup, dire ouvertement qui l'on aime soulage et renforce l'estime de soi. Mais ce n'est pas une règle universelle. Le bien-être dépend du contexte, des proches et du moment choisi. Le récit de Lou M. montre qu'on peut être en paix avec son identité sans passer par une annonce formelle.

Comment décider de faire ou non son coming out ?

Il n'existe pas de bon moment universel. L'essentiel est de choisir librement, en évaluant la sécurité de son environnement et son propre besoin. Pour des repères concrets, étape par étape, et des contacts d'écoute, consultez notre guide sur le coming out lesbien et ses étapes.

Envie d'autres récits ? Le témoignage j'étais lesbienne et elle était hétérosexuelle explore une autre forme d'amour empêché, et notre billet est-ce une chance d'être lesbienne prolonge la réflexion. Tous nos récits sont réunis dans la rubrique billets d'humeur.


Article mis à jour le 21 juin 2026
LM
Article signé
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