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Lesbiennes mieux acceptées que les gays, selon une étude mondiale

(Temps de lecture: 3 - 6 minutes)

Étude mondiale : les lesbiennes mieux acceptées que les hommes gays dans 23 pays

Il est rare que les lesbiennes tirent un « avantage » de ce qu'elles sont. Pourtant, une étude internationale menée dans 23 pays le constate : partout, les femmes lesbiennes sont mieux acceptées que les hommes gays. Derrière ce résultat se cache une mécanique de normes de genre que cette recherche éclaire.

📊 Étude : trois psychologues de l'Université de New York
📚 Publiée dans : Social Psychology and Personality Science
🌍 Périmètre : 23 pays occidentaux et non occidentaux
🔑 Conclusion : les hommes gays sont moins bien acceptés que les lesbiennes, partout

Pourquoi les lesbiennes sont-elles mieux acceptées que les gays ?
Selon l'étude, l'acceptation des minorités sexuelles est étroitement liée aux croyances sur les rôles de genre. Dans la plupart des pays occidentaux, l'hostilité envers les hommes gays fait partie de la construction sociale de la masculinité. Les hommes sont ainsi à la fois les principales cibles et les principaux auteurs de ces préjugés.

Sommaire

Cet article reprend les conclusions d'une étude relayée par NBC News. Les minorités sexuelles restent confrontées à une hostilité répandue : les relations entre personnes de même sexe demeurent illégales dans environ 70 pays. Dans ce contexte, l'écart d'acceptation entre lesbiennes et gays en dit long.

Ce que révèle l'étude

Réalisée par trois psychologues de l'Université de New York et publiée dans la revue Social Psychology and Personality Science, la recherche a comparé les attitudes envers les hommes et les femmes non hétérosexuels dans 23 pays. Son constat est net : « les hommes gays sont moins appréciés que les femmes lesbiennes dans tous les pays testés ».

Surtout, ces attitudes sont « solidement liées aux croyances sur le système de genre ». Les normes de genre, ces croyances qui assignent aux hommes et aux femmes des comportements distincts et « complémentaires », nourrissent un système hétéronormatif. Là où ces normes sont rigides, l'hostilité envers les minorités sexuelles tend à croître.

Normes de genre : un lien qui varie d'Est en Ouest

Dans des pays comme les Pays-Bas, l'acceptation de la non-conformité de genre va de pair avec des attitudes positives envers les minorités sexuelles. À l'inverse, aux États-Unis, les personnes attachées aux « arrangements de genre traditionnels » expriment plus souvent des opinions négatives envers les gays, lesbiennes et bisexuels.

Mais le schéma s'inverse dans certains pays d'Asie. En Chine et en Inde, des normes de genre fortes sont associées à une plus grande tolérance envers l'homosexualité. L'autrice principale, Maria Laura Bettinsoli, s'est dite surprise par la cohérence générale du lien entre normes de genre et préjugés. L'étude avance une hypothèse pour ces exceptions : dans certains pays de l'Est, normes de genre et homosexualité seraient toutes deux perçues comme des concepts « occidentaux », si bien que les personnes les plus pro-occidentales se montrent favorables aux deux.

Les hommes, cibles et auteurs des préjugés

L'étude souligne que « les hommes sont plus susceptibles d'être à la fois les cibles et les auteurs de préjugés sexuels ». L'évaluation plus négative des hommes gays tient presque entièrement aux opinions masculines, sauf en Pologne, en Hongrie et en Russie, où les femmes notent elles aussi sévèrement les hommes gays.

Ce constat fait écho à une mise en garde de l'American Psychological Association, qui pointait en 2019 les effets de l'« idéologie de la masculinité traditionnelle », parfois qualifiée de masculinité toxique, liée à l'homophobie et à la misogynie. Entretenir des préjugés envers les minorités sexuelles ferait, dans bien des pays occidentaux, partie intégrante de la définition sociale de « ce que signifie être un homme ».

Un instantané mondial des attitudes

L'enquête dresse aussi une carte des attitudes. La Russie affiche les opinions les plus négatives des 23 pays, dans le sillage de sa loi de 2013 sur la « propagande gay ». Plusieurs pays se montrent plus ouverts que les États-Unis : l'Argentine, l'Australie, la Belgique, le Canada, la Grande-Bretagne, l'Espagne et la Suède. D'autres y sont plus hostiles : Brésil, Chine, Hongrie, Japon, Pérou, Pologne, Russie, Afrique du Sud, Corée du Sud et Turquie. La France, l'Allemagne, l'Italie et le Mexique se situent à un niveau proche de celui des États-Unis.

Ces écarts rappellent que l'acceptation reste fragile et inégale. En France, la lesbophobie et les violences envers les lesbiennes demeurent une réalité, malgré les avancées. Pour situer les termes du débat, notre guide de l'acronyme LGBTQ+ offre un repère utile.

Questions fréquentes

Les lesbiennes sont-elles vraiment mieux acceptées que les gays ?

Selon cette étude menée dans 23 pays, oui : les hommes gays y sont systématiquement moins bien acceptés que les femmes lesbiennes. Ce résultat ne signifie pas que les lesbiennes échappent aux discriminations, mais que l'hostilité se concentre davantage sur les hommes gays.

Comment expliquer cette différence d'acceptation ?

L'étude la relie aux croyances sur les rôles de genre. Dans de nombreux pays, le rejet des hommes gays est lié à une conception rigide de la masculinité. Les hommes attachés aux normes de genre traditionnelles dirigent surtout leurs préjugés contre d'autres hommes.

Quels pays sont les plus accueillants envers les personnes LGBT ?

Parmi les 23 pays étudiés, l'Argentine, l'Australie, la Belgique, le Canada, la Grande-Bretagne, l'Espagne et la Suède affichent des attitudes plus positives que les États-Unis. La Russie présente, elle, les opinions les plus négatives.

Cette étude signifie-t-elle que les lesbiennes ne subissent pas de discriminations ?

Non. Être « mieux acceptée » en comparaison ne veut pas dire être épargnée. Les lesbiennes subissent une double discrimination, de genre et d'orientation, et restent exposées au harcèlement et aux violences, en France comme ailleurs.

Sur quoi repose l'écart entre l'Est et l'Ouest ?

Dans certains pays d'Asie comme la Chine et l'Inde, des normes de genre fortes vont paradoxalement de pair avec plus de tolérance. L'étude suggère que normes de genre et homosexualité y sont parfois perçues comme des concepts occidentaux, liant les deux dans l'opinion.

Sources


LM
Article signé
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