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Tomboy : un thriller hollywoodien avec Michelle Rodriguez et Sigourney Weaver

Tomboy : un thriller hollywoodien avec Michelle Rodriguez et Sigourney Weaver

Michelle Rodriguez n’est pas étrangère à la controverse. Lorsqu'elle a révélé sa bisexualité en 2013, les seules personnes surprises étaient celles qui pensaient qu'elle était totalement lesbienne.

Le rôle de Michelle Rodriguez qui a fait le plus parlé de lui ces dernières années estcelui de The Assignment, sorti au Royaume-Uni sous le titre Tomboy et également connu sous le nom de Tomboy : A Revenger’s Tale ou, sur la copie que j’ai visionnée, (Re)Assignment, qui est le titre le plus approprié.

Sommaire

Le synopsis

"Tomboy" raconte l’histoire de Frank Kitchen, interprété par Michelle Rodriguez, un assassin redoutable qui tombe dans les griffes de la Dre Kay, une chirurgienne psychotique jouée par Sigourney Weaver. La Dre Kay transforme Frank en femme contre son gré en guise de punition pour des actes passés. Le film suit ensuite le parcours de Frank, désormais une femme, qui cherche à se venger de ses bourreaux.

Une intrigue qui fait débat

La controverse a commencé avant même le début du tournage de The Assignment, lorsque l’on a appris (probablement grâce à un habile publiciste) que l’intrigue concerne un tueur à gages (Michelle Rodriguez) qui subit, sans le savoir, une chirurgie de réassignation sexuelle aux mains d’une doctoresse maléfique (Sigourney Weaver) cherchant à se venger parce que le tueur a tué son frère.

En tant qu'autrice, j'ai un problème avec les gens qui parlent de boycotter un film qu’ils n’ont pas vu ou un livre qu'ils n'ont pas lu, parce qu’ils n’aiment pas le concept dudit ouvrage et je crois Michelle Rodriguez quand elle dit :

« Je ne ferais jamais un film dans l'intention d'offenser quelqu'un dans la communauté LGBT parce que j'en fais partie. »

Une intrigue réaliste dans le contexte d'un thriller LGBT

Mais l’offense, comme le préjudice, n’est pas toujours intentionnelle. La Dre Rachel Kay (Sigourney Weaver) a prêté serment de « ne pas nuire » avant de perdre sa licence en raison d’expérimentations non autorisées, pratiquant des chirurgies de réassignation sexuelle sur des sans-abris fournis par des gangsters.

a Dre Rachel Kay (Sigourney Weaver)

La Dre Kay pense que son travail, qui « n’a nui aucune personne de valeur », était pour le bien commun. Même lorsqu’elle a opéré Frank Kitchen (Michelle Rodriguez) par vengeance, elle pensait, dans un noble esprit de pardon, donner à Frank une chance de repartir à zéro. Nous voyons en détail que Frank sort de l’opération complètement transformée (en femme), sans cicatrices sur son corps féminin.

Une écriture critiquée

Le film commence avec la Dre Kay détenue dans un hôpital psychiatrique jusqu’à ce qu’elle soit jugée apte à subir un procès. Elle reçoit une évaluation psychologique d’un médecin (Tony Shalhoub) qui lui dit tout ce qu’elle sait déjà mais que le public ignore. Plus tard, Frank, qui ne change jamais de nom, présente sa version dans un long monologue vidéo.

Bien que Frank se sente comme une nouvelle femme, elle se contente du même partenaire sexuel féminin qu’elle avait en tant qu’homme : une infirmière nommée Johnnie (Caitlin Gerard).

Sigourney Weaver, portant des costumes d’affaires masculins lorsqu’elle n’est pas en camisole de force, n’est pas à son meilleur. Michelle Rodriguez offre une performance honorable, mais dans la version originale en anglais, une barbe et un corps d’homme ne peuvent surmonter sa voix féminine dans les scènes avant l’opération. Cependant, The Assignment fournit des informations neutres sur la réassignation de genre.

Un film de Série B

Mais surtout, comme le dit Michelle Rodriguez, « c’est un film de série B, un choc culturel, tourné comme un roman graphique film noir ».

En clair, il ne cherche pas à être de l’art élevé, juste du divertissement trash.

Critiques de Glaad

Nick Adams, directeur des programmes pour les médias transgenres chez Glaad, a exprimé ses préoccupations dans une interview avec le Hollywood Reporter :

« Nous n'avons pas lu le scénario, mais il est décevant de voir des réalisateurs transformer ce qui est une procédure médicale salvatrice pour les personnes transgenres en un dispositif de complot sensationnaliste. »

Voici l'exemple typique du type qui porte un avis sans avoir vu un film, pourtant il est important de rappeler que le cinéma a souvent traité des sujets délicats et controversés sans être accusé de complotiste. Le cinéma est un médium qui explore des thèmes vastes, souvent en abordant des questions sociales sensibles pour susciter la réflexion et le débat.

Prenons par exemple La Passion du Christde Mel Gibson, qui a suscité des débats intenses mais n'a pas été unanimement rejeté comme antisémite, malgré les controverses. Ce film explore les derniers jours de Jésus-Christ, un sujet profondément religieux et potentiellement conflictuel, mais il a trouvé son public et a contribué à des discussions sur la foi et la religion.

De même, Spotlight, qui aborde l'investigation des abus sexuels dans l'Église catholique, est un autre film qui traite d'un sujet délicat. Plutôt que d'être accusé de discrimination contre les catholiques, il a été applaudi pour son journalisme d'investigation et a suscité une prise de conscience et des discussions sur la nécessité de réformes institutionnelles.

Philadelphia, mettant en vedette Tom Hanks et Denzel Washington, aborde le sujet de la discrimination contre les personnes atteintes du VIH/SIDA et de l'homophobie. Ce film a joué un rôle crucial dans la sensibilisation et l'acceptation des personnes vivant avec le VIH/SIDA, en soulignant les luttes auxquelles elles sont confrontées sans tomber dans des représentations stigmatisantes.

Dans chacun de ces cas, les réalisateurs ont pris des risques en abordant des thèmes controversés et délicats, mais leur travail a été reconnu pour sa contribution à la compréhension et à la sensibilisation. Les films ont la capacité de provoquer des émotions fortes et des réflexions profondes, et ils jouent un rôle essentiel dans la discussion publique de questions complexes.

Ajoutons que le film date un peu, mais qu'aujourd'hui, des critiques "d'appropriation" tomberaient sûrement, d'avoir fait joué une actrice bisexuelle plutôt qu'une personne MTF

Revenons à Tomboy. Il est possible que certaines personnes trouvent l'intrigue dérangeante, mais il est également important de reconnaître que le film a le potentiel de susciter des discussions sur la réassignation de genre, la vengeance et les expériences des personnes transgenres. Plutôt que de boycotter un film sans l'avoir vu, il pourrait être plus constructif de l'analyser dans son contexte et de considérer les intentions des créateurs et l'impact potentiel sur le public.

Mon avis

Ce n'est certes pas le film de l'année, mais il faut le prendre pour ce qu'il est : un divertissement. Ce film n'a jamais prétendu être un chef-d'œuvre cinématographique destiné à remporter des prix prestigieux. On est loin de la saga "Fast & Furious", "Alien" ou "Resident Evil" qui ont permis aux actrices de se faire un nom...  Au contraire, ce film se positionne clairement comme un film de genre, un thriller de vengeance, qui cherche avant tout à divertir son public. Michelle Rodriguez y offre une performance engagée, rappelant pourquoi elle est si appréciée dans le genre action. Sa capacité à incarner des personnages garçonnes (ici garçons) forts et déterminés transparaît tout au long du film, même si certaines scènes, comme celles où elle est affublée d'une barbe postiche, peuvent sembler maladroites. Sigourney Weaver, bien que sous-utilisée dans un rôle qui aurait pu être plus développé, apporte une présence intrigante à l'écran. Son personnage, la Dre Kay, est complexe et ambivalent, oscillant entre la vengeance personnelle et une justification pseudo-éthique de ses actes.

Tomboy ne cherche pas à être pris trop au sérieux. C'est un film qui joue avec les codes du thriller en y ajoutant une dose de provocation et ça marche.

La bande annonce

Sigourney Weaver incarne une matriarche lesbienne dans "The Lost Flowers of Alice Hart" ou "Les fleurs sauvages"

Sigourney Weaver incarne une matriarche lesbienne dans "The Lost Flowers of Alice Hart" ou "Les fleurs sauvages"

 

J'ai envie de vous parler aujourd'hui de mon coup de coeur (en miettes) pour la série "Les fleurs sauvages"  (en anglais "The Lost Flowers of Alice Hart"). 

Cette série est un conte sombre d'un groupe de femmes (les Fleurs) essayant de survivre dans un monde où les mauvaises herbes et les nuisibles les menacent à chaque instant. Si cette métaphore vous semblent adéquate pour évoquer les combats féministes modernes contre un patriarcat toujours plus puissant, elle n'est qu'un des nombreux aspects de la série. "Les fleurs sauvages" est avant tout une histoire de famille, de secrets, de mensonges et aussi un reflet bouleversant et réaliste de la multitude de cycles de la violence, tant physique qu'émotionnelle, générée par ces messieurs.

Ripley et Call... lesbiennes dans Alien 4 ?

Ripley et Call... lesbiennes dans Alien 4 ?

Quelle lesbiennedigne de ce nom n'a jamais ressenti le subtext dans le quatrième opus de la saga "Alien", ni les tensions sous-jacentes entre Ripley et Call ?

J'avais déjà écrit un article sur ce film quand nous avons lancé le magazine Culture LGBT il y a 10 ans déjà, et j'ai revu cette saga récemment, me donnant l'idée d'une nouvelle approche et analyse du subtext lesbien et féministe dans l'épisode 4 qui demeure, en mon sens, l'un des meilleurs de la série Alien. Je vous invite donc à découvrir cette nouvelle analyse et à partager la votre en commentaire...